La vitamine C, un remède efficace pour combattre le rhume?

Souvent vantée pour ses bienfaits, la vitamine C a en réalité très peu d’efficacité contre le rhume.

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Même si c’est officiellement le printemps depuis une dizaine de jours, dans les faits l’hiver a choisi de s’attarder chez nous encore un peu. Comme dit l’adage, en avril, "ne te découvre pas d’un fil"

En cette période de grippes, de rhumes et autres refroidissements, vous avez peut-être choisi de repousser le mal à distance avec une arme que ne renierait pas non plus votre grand-mère : de l’eau chaude, du miel, une bonne dose de citron pour bien commencer la journée (et tant qu’on y est, un peu de rhum pour faire bonne mesure). Ou avec des vitamines en comprimés, si le citron ce n’est pas votre tasse de thé. Mais si ce genre de remède n’est pas dépourvu de bienfaits (on ne parle pas du rhum au petit dej’), il n’a qu’une efficacité très relative pour combattre le rhume.

C’est l’Américain Linus Pauling, prix Nobel de chimie, qui a popularisé cette croyance en l’efficacité de la vitamine C pour prévenir les rhumes. En 1970, il publie un livre dans lequel il recommande une dose journalière de 1000 mg. Soit 11 fois la dose recommandée. Problème : Linus Pauling ne s’appuyait sur aucune étude, seulement sur l’observation de sa femme, malade, qui aurait guéri plus vite, grâce, selon lui, à un traitement à base de vitamine C.

Effet marginal

Le chimiste se livrait ainsi à un biais de raisonnement assez classique, celui de mélanger corrélation et causalité. En effet, ce n’est pas parce qu’on a pris de la vitamine C contre le rhume et qu’ensuite on a guéri, qu’on peut automatiquement attribuer le deuxième effet au premier… Depuis, la science s’est penchée sur la question. Si la question n’est pas encore complètement tranchée, les dernières études tendent à montrer un impact très faible de la vitamine C contre le rhume.

Publiée en 2013, une méta-analyse du groupe Cochrane s’est intéressée aux résultats de 29 études effectuées auprès de plus de 11 000 participants. Elle a montré que la prise régulière de suppléments de vitamine C diminuerait la durée du rhume de 8 % en moyenne chez les adultes et de 14 % en moyenne chez les enfants (la plupart des résultats ont été obtenus à partir d’un dosage de 1000 mg quotidiennement).

Bien que cette diminution ne semble pas négligeable, l’Agence Science-presse canadienne rappelle qu’un adulte connait 2 ou 3 épisodes de rhumes par année, pour une moyenne au total de 12 jours par an. Prendre 1 gramme de vitamine C tous les jours réduirait donc de… 1 jour la durée des rhumes, avec un total de 11 jours de maladie sur l’année. Et un enfant serait malade 24 jours en moyenne, au lieu de 28 jours.

Quelques exceptions

Par ailleurs, la prise de vitamine C ne diminuerait pas la gravité des symptômes. Voilà de quoi relativiser l’intérêt d’une supplémentation pour se prémunir d’un rhume.  "La vitamine C contre les rhumes, ce n’est pas efficace ! Cela fait partie des mythes scientifiques", confirmait à la RTBF Olivier Coudron, médecin et professeur de nutrition santé à l’université de Dijon.

À noter toutefois que certaines études ont montré un impact plus significatif d’une prise quotidienne de suppléments de vitamine C chez des publics très spécifiques, comme les soldats évoluant dans des environnements subarctiques, les skieurs ou les marathoniens.

Par ailleurs, la vitamine C reste importante pour garder une bonne santé et intervient dans de grandes fonctions de l’organisme, listées par l’Anses, l’agence de sécurité sanitaire française: "défense contre les infections virales et bactériennes, protection de la paroi des vaisseaux sanguins, assimilation du fer, action antioxydante (capture des radicaux libres), cicatrisation (…). La pathologie spécifique liée à la carence en vitamine C est le scorbut. Elle se manifeste par des œdèmes (gonflement des tissus lié à leur hydratation excessive), des hémorragies et peut entraîner la mort si elle dure plusieurs mois. Les situations de carence modérée, encore fréquentes, sont responsables de perte d’appétit, d’amaigrissement et de fatigue".

 

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