Tac au tac avec Yves Van Laethem: "On me voit moins en télé, et j’en suis bien heureux"

Le porte-parole le plus connu de l’histoire ­ des porte-parole se fait plus discret. Retour sur son omniprésence.

Yves Van Laethem
Yves Van Laethem. © BelgaImage

Avez-vous conscience d’être devenu un personnage très présent dans nos vies?
Au départ, je ne me rendais pas compte qu’on m’identifiait à la crise. Je m’en suis rendu compte quand j’ai vu l’intérêt des dessinateurs de presse – ce qui faisait penser que j’évoquais quelque chose pour le public. Et puis, par les réactions de personnes qui se retournaient sur mon passage ou m’abordaient. Là, je me suis rendu compte de la place que j’avais prise dans leur salon et leur salle à manger…

Comment les gens se comportent-ils avec vous?
Je n’ai eu que des retours favorables, contrairement à d’autres. Je n’ai jamais eu ni paroles ni gestes agressifs. J’ai reçu quelques mails, pas injurieux, mais qui contenaient des reproches du genre “on va tuer le commerce”, et je ne sais toujours pas comment ces personnes ont trouvé mon adresse mail… J’ai reçu aussi une centaine de lettres qui, pour la plupart, étaient gentilles et quelques-unes avec des messages ­contre le ­gouvernement et les ministres, mais jamais de menaces. Mais comme je ne suis pas sur Facebook et Twitter, il y a peut-être eu là toutes les menaces du monde, mais je ne l’ai jamais su et je ne veux pas le savoir.

Vous aviez – je parle au passé! – une parole si paternaliste…
Mais c’est mon mode de fonctionnement dans la vie et dès qu’il s’agit de prendre la parole en public.  Je crois que cela a aidé les gens à passer les soubresauts de la crise sans les plonger dans une angoisse supplémentaire.

Et c’est ainsi que vous êtes devenu une sorte de doudou collectif…
Tout à fait. C’est ce que j’ai dû être pour une partie de la population…

Quand Kody vous parodie dans Le grand cactus, ça vous fait rire?
Oui. Bon, évidemment, c’était un peu outrancier – notamment dans mes rapports avec Alexander De Croo -, mais si ça peut faire rire les gens, why not?

Que faites-vous maintenant qu’on ne vous voit plus à la télé?
On me voit moins en télé, et j’en suis bien heureux car ça veut dire que l’épidémie est moins importante. Mais il reste encore une activité avec la presse, vous êtes le troisième journaliste à me solliciter aujourd’hui. Je dirais que vous n’êtes plus que le troisième…

Dans les moments intenses, ­combien d’interviews accordiez-vous en une journée?
Six ou sept… Une en télé, une en radio et quatre ou cinq en presse écrite. J’ai au moins cent numéros de journalistes dans mon GSM.

Vous donnez encore cours?
Non, plus depuis ma retraite en 2017, mais je donne cours de maladies infectieuses à Bukavu, à l’UEA  – l’Université évangélique en Afrique.

Maintenant que vous êtes presque revenu à votre vie d’avant, quels sont vos hobbies?
Je suis un grand handicapé des mains et je ne suis pas sportif. Mais j’adore voyager et préparer mes voyages comme celui que je compte faire l’année prochaine dans le sud des États-Unis. Je suis un grand lecteur de romans, j’aime la musique classique, par ailleurs, je suis très “old fashion”, j’aime les Beatles et Leonard Cohen.

On ne va pas se mentir, il faut encore faire attention…
Oui, on a appuyé sur le bouton ”pause”, pas sur le bouton “fin”.

Ceci dit, moins on vous voit, mieux on se porte…
Oui, mais j’aurais préféré disparaître sans être remplacé, dans les médias, par des consultants qui doivent commenter des choses aussi désagréables…

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