"Nous nous réjouissons trop tôt, la pandémie n’est pas terminée"

Le commissaire Corona Pedro Facon met en garde contre un optimiste démesuré quant à l'évolution future de l'épidémie. Il insiste: la pandémie n'est pas terminée.

© Belga Image

Après un imposant pic de la vague Omicron, tous les indicateurs de l’épidémie ont largement reculé. Selon les derniers chiffres de Sciensano, on dénombre désormais quelque 7700 infections quotidiennes et plus de 170 admissions en moyenne chaque jour à l’hôpital. Des chiffres qui laissent présager un passage au code jaune, et donc l’abandon d’une grande partie des mesures sanitaires, dans le courant du mois de mars. Le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke a lui-même laissé entendre que le prochain Codeco, qui se réunit le 4 mars, devrait décider de ce passage au code jaune du baromètre.

Mais pour le commissaire Corona Pedro Facon, " nous nous réjouissons encore une fois trop tôt ". Interrogé par nos confrères du Zondag, il met en garde contre un optimisme excessif quant à l’évolution de la crise. " L’année dernière, nous pensions que le royaume de la liberté arrivait. Cela s’est avéré être prématuré. Aujourd’hui, nous sous-estimons à nouveau le virus ". A cet égard, il pointe d’ailleurs les " milliers d’infections " et les près de " 200 hospitalisations par jour ". Et rappelle que nous ne sommes pas encore à un stade " endémique " du virus.

Dans son dernier rapport, Pedro Facon estimait que le passage au code jaune devait être envisagé, tout en conservant certaines mesures. Le commissaire Corona se montre particulièrement frileux sur l’abandon du Covid Safe Ticket. Les ministres de la Santé wallon et bruxellois ont, pour rappel, déjà annoncé que le CST serait abandonné dès que le Codeco approuvera le passage au code jaune. " Il reste un outil important. Les personnes vaccinés ont moins de chances d’être infectées et de transmettre le virus ", rappelle Pedro Facon. " Cela a été prouvé. Mais nous ne devons pas commettre l’erreur de l’année dernière en pensant que cela va tout résoudre ".

Il insiste sur l’importance du CST dans une perspective de long terme. " Aujourd’hui, ça se passe bien et peut-être que ça se passera bien jusqu’après l’été. Mais après cela, il y aura de nouveaux variants et des remontées de l’épidémie. Nous devons être prêts pour ça (…) (Les outils) doivent pouvoir être activés rapidement en cas de retour du virus ".

Sur le même sujet
Plus d'actualité