Covid-19: un risque accru de problèmes cardiaques dans l’année qui suit l’infection

Les personnes ayant été infectées par le Covid-19 ont plus de risque de souffrir d’un trouble cardiovasculaire dans l’année suivant l’infection, montre une vaste étude américaine. Et cela concerne aussi les patients n’ayant pas été hospitalisés.

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C’était déjà documenté : dans les phases précoces de l’infection, le Covid-19 peut, dans certains cas, occasionner des troubles cardiaques. Ce qui l’était moins, c’est que pour le cœur, le pouvoir de nuisance du virus est susceptible de persister des mois après. Voilà ce que vient de montrer une vaste étude, portant sur 11 millions de dossiers de vétérans américains, publiée la semaine dernière dans la revue Nature Medicine.

Ses conclusions ? Les personnes ayant contracté le Covid-19 courent un risque augmenté de 55% de développer dans l’année un trouble cardiovasculaire. Et ce, de tout genre : anomalies du rythme cardiaque (arythmies), apparition de caillots sanguins (thromboses), embolies pulmonaires, accident vasculaire cérébral (AVC), inflammation du cœur ou de son enveloppe (myocardites et péricardites), etc. L’étude portait sur une cohorte de 153.760 personnes ayant survécu aux trente premiers jours de la maladie, entre mars 2020 et janvier 2021.

Très peu avaient été vaccinées, les vaccins n’étant disponibles qu’à la fin de la période sélectionnée. Cette cohorte a été comparée à deux groupes contrôles (5,6 millions de personnes non infectées au cours de la même période et un autre groupe de 5,8 millions de personnes suivies avant la pandémie).

Les patients peu malades aussi concernés

Selon les résultats de l’étude, les patients ayant été contaminés par le coronavirus ont plus de risques de faire un arrête cardiaque (+63% de risque) ou un AVC (+52%). Surtout, ce surrisque concerne également les personnes ayant développé une forme légère de la maladie (ce qui était le cas de 84% de la cohorte). Et les chercheurs ont noté que les personnes n’ayant jamais eu de problème cardiaque avant la contamination, ou ne présentant pas de facteurs aggravants (comme des patients sans comorbidités), étaient susceptibles de souffrir d’un trouble cardiovasculaire dans l’année. Pour autant, les résultats le montrent : plus la forme de Covid est grave, plus le risque d’un problème cardiaque par la suite augmente.

Comment expliquer cet impact à retardement du virus sur le cœur ? Les chercheurs se sont bornés à lister quelques hypothèses, parmi lesquelles l’infection des cellules du cœur suite à l’infection, qui pourraient causer des dommages durables, ou l’infection des cellules des parois des vaisseaux sanguins…

" Une première alarme "

Malgré l’importance de son échantillon, cette étude contient certains biais, le principal étant que la cohorte analysée incluait une majorité d’hommes (89%) blancs (71%) et âgés en moyenne de 61,4 ans. " Mais pour les hommes caucasiens belges, cette étude est valable, commentait dans La Libre Yves Van Laethem, porte-parole interfédéral de lutte contre le Covid-19. A part peut-être que les comorbidités comme le diabète et l’obésité sont plus présentes aux Etats-Unis ".

Selon lui, les résultats de cette étude doivent être suivis de très près : " C’est une première alarme, puisqu’il n’est pas impossible qu’on ait des problèmes dans d’autres domaines comme au niveau neurologique par exemple. Et on ne sait pas pour combien de temps. Donc ça doit attirer l’attention de beaucoup de spécialités qui devront assurer un bon suivi, et tous les pays devront bien suivre ça ".

Pour l’expert, réduire les facteurs de comorbidité (comme l’obésité) pourrait être un premier pas afin de se prémunir de ces risques cardiovasculaires : " Les médecins traitants devront bien suivre leurs patients atteints du coronavirus et qui sont porteurs de comorbidité, et peut-être leur conseiller une activité physique ou un traitement. Mais cette épée de Damoclès, on ne sait pas quand, et si elle va tomber ", concluait Yves Van Laethem.

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