Covid: un projet de vaccin sans brevet "lancé avec succès", se réjouit l’OMS

Ce vaccin sans brevet, développé en Afrique du Sud, est soutenu financièrement par la Belgique et l'OMS. Il apparaît prometteur pour les pays pauvres.

Labo d'Afrigen au Cap
Laboratoire d’Afrigen au Cap, en Afrique du Sud, le 10 décembre 2021 @BelgaImage

Le projet d’un nouveau vaccin sans brevet en Afrique progresse mieux que prévu. C’est ce que rapporte l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à Genève. Le centre de recherche et de production en Afrique du Sud désigné par l’OMS a développé en quelques semaines un candidat vaccin basé sur une nouvelle technologie d’ARNm. La ministre belge de la Coopération au développement, Meryame Kitir, s’envolera jeudi prochain pour Le Cap (Afrique du Sud) où, avec le directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) Tedros Adhanom Ghebreyesus, elle visitera ce projet de vaccin anti-covid sans brevet, soutenu financièrement par la Belgique.

Une mise au point qui prendra un temps variable

Ce tour de force a été rendu possible sans le soutien des sociétés de biotechnologie qui produisent des vaccins à ARNm contre le Covid-19, mais ont jusqu’à présent refusé de coopérer, explique Martin Friede, coordinateur de la recherche sur les vaccins à l’OMS. L’OMS a choisi la société de biotechnologie Afrigen Biologics and Vaccines au Cap en juin 2021. "En septembre, beaucoup ont dit que cette technologie n’était pas possible", a déclaré Friede.

Les tests avec le vaccin anti-Covid pourraient commencer à l’automne. L’OMS souligne que le laboratoire utilise une technologie accessible au public et ne viole pas les brevets. La technologie doit être mise à la disposition d’autres entreprises dans les pays pauvres. En février, il sera annoncé dans quels pays la production commencera également. L’Argentine et le Brésil sont déjà cités. L’OMS a de nouveau appelé les entreprises de biotechnologie à participer au projet. Cela pourrait faire gagner beaucoup de temps aux études cliniques. Avec leur soutien, le développement d’un vaccin en 12 à 18 mois est envisageable, sinon il faudrait trois ans.

Le gros problème de la vaccination en Afrique

Grosse productrice de vaccins brevetés, la Belgique n’en soutient pas moins le centre de transfert de technologie qui met au point, au Cap, un vaccin sans brevet. En début de semaine, la biotech sud-africaine Afrigen, qui collabore à ce projet, a annoncé avoir trouvé, plus tôt que prévu, la formule d’un tel vaccin à ARN messager. Elle espère entamer la première phase d’étude avant la fin de l’année.

À peine 11% de la population africaine a été complètement vaccinée contre le covid jusqu’ici, alors que les autorités à travers le monde ne cessent de répéter que personne ne sera en sécurité tant que tout le monde ne l’est pas. L’initiative Covax, co-dirigée par l’OMS et soutenue par l’UE et la Belgique, envoie certes des vaccins à travers le monde aux pays les plus démunis,mais elle reste insuffisante et ne constitue pas une solution à long terme, souligne Mme Kitir (Vooruit). À titre personnel, la socialiste flamande plaide pour une suspension au moins temporaire des brevets.

L’épineuse question des brevets

Au Cap, Afrigen travaille avec l’institut de recherche SAMRC et le producteur de vaccins Biovac. Leur centre de connaissance doit à terme divulguer la technologie ARN messager vers les pays en voie de développement. La Coopération au développement belge a déjà injecté 8 millions d’euros dans cette initiative, également soutenue financièrement par l’OMS.

Dans une lettre ouverte publiée jeudi dans De Tijd, des chefs d’entreprise et des dirigeants d’organisations de la société civile ont appelé la Belgique à soutenir la suspension des droits de propriété intellectuelle sur les vaccins. Les signataires soulignent que le gouvernement belge n’a pas de position claire à ce sujet.

Toutefois, un compromis entre pays riches et en développement pourrait être trouvé sur une levée des brevets dans "les prochaines semaines", a estimé la semaine dernière la directrice générale de l’OMC, Ngozi Okonjo-Iweala.
Le projet sud-africain n’est pas le seul à être soutenu par la Belgique. Un projet de production locale l’est également au Sénégal.

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