Un clitoris géant installé à Bruxelles pour dénoncer les mutilations génitales

Cette représentation temporaire d'un clitoris haut de cinq mètres à Bruxelles sert de prélude à la journée contre les mutilations génitales du 6 février.

Clitoris en 3D
Représentation en 3D d’un clitoris, à Paris le 2 octobre 2019 @BelgaImage

À l’approche de la journée internationale sur les mutilations génitales féminines (MGF), célébrée dimanche, le Groupe pour l’Abolition des Mutilations Sexuelles (GAMS Belgique) a donné à voir vendredi, pendant plusieurs heures, un clitoris de cinq mètres de haut sur la place de la Monnaie à Bruxelles.

Un organe du plaisir méconnu et maltraité

À travers cette initiative intitulée #MeetYourClit organisée en présence des échevines bruxelloises Lydia Mutyebele Ngoi (Égalité des Chances) et Delphine Houba (Culture et Grands événements), les femmes ont été invitées à aller à la rencontre de leur clitoris, qu’elles méconnaissent encore trop largement, selon le GAMS. L’association tient donc à expliquer qu’il s’agit d’un organe érectile de 10 cm, qui se gonfle de sang quand il est excité, tout comme le pénis chez l’homme. Des passantes de tous âges sont venues partager leurs vécus et participer aux animations.

"Cet organe du plaisir féminin a été caché jusque dans les livres anatomiques et c’est lui qu’on essaie de contrôler chez la femme avec des mutilations génitales en Afrique subsaharienne, au Moyen-Orient et en Asie et jusqu’à la moitié du XXe siècle chez nous en Europe pour traiter l’hystérie et l’onanisme (masturbation, NDLR)", a expliqué Fabienne Richard, directrice du GAMS Belgique. "Le plaisir féminin a toujours fait peur et c’est une manière de contrôler les femmes".

Lutter contre les excisions et réparer les dégâts

Pour les femmes excisées, elle veut faire plus largement connaître les deux centres permettant de pratiquer une reconstruction du clitoris, remboursée par l’Inami. Ils se trouvent à l’hôpital Saint-Pierre à Bruxelles et à l’hôpital universitaire de Gand.

Fabienne Richard avance qu’il y a actuellement 200 millions de femmes qui vivent excisées à travers le monde et que 6.000 à 8.000 petites filles sont encore excisées chaque jour. Elle explique que des exciseuses ont par le passé été trouvées sur le territoire européen, mais que ce sont les vacances d’été qui constituent la période à risque. "Sachant qu’une fille de leur famille née en Belgique est intacte, une grand-mère ou une tante paternelles peuvent faire procéder à l’excision à l’insu des parents. Pour ceux originaires de pays où c’est coutumier, on leur conseille de dormir avec leurs filles".

Le clitoris gonflable avait été installé devant la tour Eiffel à Paris (France) le 8 mars dernier, journée de lutte pour les droits des femmes. Il va ensuite être envoyé à Amsterdam (Pays-bas).

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