Covid: dans les hôpitaux, Omicron continue d’inquiéter

Alors que les soins intensifs se vident doucement de leurs patients Covid, les hospitalisations continuent de grimper. Les non-vaccinés, les aînés et les immunodéprimés restent les plus exposés au risque.

patient covid à l'hopital
Selon l’OMS, 50 % des Européens pourraient être bientôt contaminés, ce qui pourrait permettre l’immunité collective. © BelgaImage

On vous l’a assez répété. Omicron est plus contagieux mais moins virulent que ses prédécesseurs. À l’hôpital pourtant, le variant dominant continue d’inquiéter. Certes, les unités de soins intensifs sont moins débordées que sous Delta (11 % des entrées à l’hôpital se font en USI), mais le nombre d’admissions en raison du coronavirus reste important et, selon les chiffres de Sciensano, augmente encore. On a dépassé le niveau de la fin du mois de novembre, en pleine quatrième vague. “Omicron ne semble donc pas encore n’être qu’une simple grippe”, nous alerte l’infectiologue de Saint-Pierre Yves Van Laethem.

Les victimes nécessitant une hospitalisation sont donc encore nombreuses. Mais qui sont ces quelque 3.700 patients (ils étaient 2.700 la semaine dernière) à l’hôpital? “Difficile à dire à ce stade, car on manque de chiffres clairs. L’information a eu du mal à remonter ces derniers jours et les données arriveront un peu plus tardivement”, répond le porte-parole interfédéral dans la lutte contre le Covid-19. On sait tout de même que les non-vaccinés ont une plus grande probabilité de contracter une forme grave s’ils chopent le virus. La moitié des personnes encore en unités de soins intensifs ne sont d’ailleurs pas vaccinées. Concernant le profil de ces patients, leur âge ou leur état de santé, on sait simplement que les contaminations touchent en ce moment surtout les jeunes (20-40 ans). Mais ces derniers ne représenteraient pas l’essentiel des patients hospitalisés, qui, après un rapide coup de sonde dans les établissements hospitaliers, auraient surtout plus de 40 ans. L’infectiologue rappelle aussi que moins de 1 % des contaminés se rendent désormais à l’hôpital, contre 10 % à certaines périodes de la pandémie en 2020. Avant la vaccination, cette proportion montait jusqu’à 25 %. “La dose booster protège contre les formes plus graves de la maladie et réduit de 70 % les risques d’hospitalisation”, explique Inge Neven, responsable de la lutte contre le Covid-19 en Région bruxelloise, dans un communiqué. Elle affirme par ailleurs que la durée moyenne d’hospitalisation des patients Covid est “plus courte”, sans donner de durée moyenne de séjour. La raison est qu’Omicron touche moins les parties hautes des voies respiratoires.

En outre, les immunodéprimés seraient les plus à risque. Pour les personnes sous dialyse, atteint du VIH ou du cancer du sang par exemple, Omicron reste extrêmement dangereux, conclut Yves Van Laethem. Le Conseil supérieur de la santé a, les concernant, émis un avis en faveur d’une quatrième dose. Les ministres de la Santé du pays ont décidé, lundi, de suivre et avis. Car même si, annonce l’OMS, 50 % de la population européenne pourrait être contaminée d’ici le mois de mars et, peut-être, nous permettre d’atteindre l’immunité collective, il faut encore protéger les plus fragiles d’entre nous.

Inégaux face à Omicron

Omicron étant particulièrement contagieux, pourquoi certains échappent à la contamination? “Certaines personnes ont développé des anticorps plus coriaces que d’autres, grâce au vaccin ou après une contamination à une autre forme de coronavirus de la période pré-Omicron, voire à Omicron de façon asymptomatique. Il peut aussi y avoir un facteur génétique”, répond l’infectiologue de Saint-Pierre Yves Van Laethem. Une étude conclut par ailleurs qu’Omicron se transmettrait surtout entre personnes du même groupe sanguin. Une autre recherche émet l’hypothèse qu’avoir un rhume protégerait d’Omicron, car il bloquerait la réplication du SARS-CoV-2. Bref, les explications sont nombreuses.

test covid en cours

© BelgaImage

Gestion à l’espagnole

La question vient du gouvernement espagnol: ne faudrait-il pas gérer le virus comme une simple grippe? Chez les experts, on grince des dents. Si l’on considère uniquement les symptômes actuels, on pourrait en effet se montrer plutôt sereins, Omicron étant, comme l’a expliqué Marc Van Ranst, à placer entre un mauvais rhume et une grippe. Sauf qu’Omicron est génétiquement pareil aux autres coronavirus, précise Van Laethem, et il peut affecter les poumons et donc causer des décès. On sait aussi que d’autres sous-variants circulent dans la nature et peuvent changer la donne à tout moment. En outre, contrairement à la grippe, Omicron cause des symptômes sur le long terme.

De nouvelles échéances

Plusieurs décisions du Codeco de vendredi dernier ne font pas l’unanimité. C’est pourquoi 50.000 personnes sont descendues dans les rues dimanche dernier et d’autres batteront le pavé cet après-midi. La règle la moins populaire est le durcissement des conditions pour obtenir le CST. S’il n’est pour l’heure pas d’actualité de l’octroyer uniquement aux personnes vaccinées, à partir du 1er mars, un chemin vaccinal complet comportera obligatoirement la dose booster. La durée de validité du certificat de rétablissement passera, lui, de 6 à 5 mois. Le baromètre Corona, en code rouge (risque élevé de surcharge du système de santé) dès son introduction ce 28 janvier, ne fait pas que des heureux non plus. Rappelons toutefois que le baromètre est un outil non contraignant.

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