Plusieurs pays relâchent leurs restrictions sanitaires: bientôt la Belgique?

Malgré la vague Omicron, plusieurs pays ont décidé de lever leurs restrictions sanitaires, ou du moins d'en alléger une importante partie. Bonne ou mauvaise idée alors que les contaminations sont, chez certains, encore en hausse?

En Angleterre, l'essentiel des restrictions sanitaires ont été levées ce jeudi 27 janvier.
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L’heure est au relâchement des mesures dans plusieurs pays d’Europe.  Dès ce jeudi, l’essentiel des restrictions sanitaires sont levées en Angleterre. Le port du masque n’est dès lors plus obligatoire en intérieur. Le télétravail n’est plus légalement recommandé. Boris Johnson espère également mettre fin à l’isolement obligatoire pour les cas contacts d’ici le mois de mars. Depuis le début du mois de janvier, le Royaume-Uni enregistre une chute du nombre de nouveaux cas. Et le nombre de patients hospitalisés s’est stabilisé. Mais cet assouplissement des règles en Angleterre intervient plus tôt que prévu. Le dispositif anti-covid devait initialement être réévalué ce mercredi 26 janvier. 

Vendredi dernier, l’Irlande a également annoncé la fin de ses restrictions sanitaires dès le lendemain. Le Premier ministre Michael Martin a avancé que " tous les indicateurs sur lesquels nous basons nos décisions vont dans la bonne direction ". Et que le pays avait " vaincu la tempête Omicron ". Depuis samedi donc, les restaurants et bars ne doivent plus fermer leurs portes à minuit. Il n’est plus nécessaire de présenter un pass sanitaire pour y entrer, de même que dans les boites de nuit et

Malgré des cas record, le Danemark entend lui aussi lever ses restrictions au 1er février prochain.  Ce mercredi, le ministre de la Santé Magnus Heunicke a annoncé souhaité " que la catégorisation du Covid-19 comme maladie menaçante pour la société soit supprimée à compter du 1er février 2022 ". Toutes les mesures nationales en vigueur, comme le port du masque ou la fermeture anticipée des bars et restaurants, seront ainsi levées.  Les infections sont, pourtant, toujours en forte hausse (plus de 46.000 nouveaux cas enregistrés mardi). Et selon les experts, le pic n’a pas encore été atteint. Les hospitalisations aussi sont en hausse au Danemark. Mais les autorités ont jugé que la forte couverture vaccinale de la population serait suffisante pour y faire face. 

Des restrictions allégées pour d’autres 

A coté de ces 3 pays, d’autres envisagent une levée proche des restrictions ou ont déjà décidé d’allègements considérables. 

C’est le cas aux Pays-Bas, où les restrictions étaient pourtant très strictes. Ce mercredi 26 janvier, bars, restaurants et lieux culturels ont pu rouvrir leurs portes. Ils étaient fermés depuis la Noël. Nos voisins enregistrent pourtant toujours ces records de contaminations, avec quelque 60.000 infections quotidiennes. " Nous devons être clairs sur le fait que nous prenons un risque ", a reconnu le premier ministre Mark Rutte. 

Les hospitalisations et les décès sont toutefois en baisse dans le pays. 

En France, la fin des restrictions se profile dans les prochaines semaines avec le pass vaccinale. Le gouvernement français a, pour rappel, annoncé la fin du port du masque en extérieur et du télétravail obligatoire le 2 février. Puis la réouverture des discothèques et de le retour de la consommation au comptoir le 16 février. 

L’Espagne envisage également une levée future des restrictions. Le chef de l’exécutif Pedro Sanchez a annoncé que le gouvernement souhaitait " ne plus considérer le coronavirus comme une pandémie mais comme une maladie endémique ", une fois que la 6e vague sera passée. La Catalogne a, par ailleurs, décidé de mettre fin au pass sanitaire dès vendredi. Les autorités locales le jugeant " peu efficace " contre le variant Omicron, plus contagieux. 

Un timing opportun? 

Cet abandon pour certains pays, et relâchement pour d’autres, des mesures arrivent-ils au bon moment? 

Tout dépend de quel pays on parle. Le statisticien Geert Molenberghs apporte ainsi une réponse nuancée. " Le variant Omicron est moins pathogène et les vaccins offrent une bonne protection contre les formes graves. Mais y aller de manière graduelle est sûrement plus sage que de tout laisser tomber ", estime l’expert, interrogé par nos confrères du Nieuwsblad. Le biostatisticien dit ainsi préférer l’option du baromètre établi par les autorités belges. Il rappelle d’ailleurs que le Danemark avait déjà annoncé la fin de la pandémie dans le pays en septembre 2021. Ce nouveau relâchement dans le pays nordique n’aura " peut être pas d’impact sur les soins de santé, mais cela pourrait avoir un impact important sur l’économie avec des réductions importantes de personnel ", poursuit Geert Molenberghs.

Même réserves de la part du virologue Steven Van Gucht. " Les mesures ne peuvent être maintenues pendant des mois, mais les assouplir avant de connaître le pic ne semble pas logique (ndlr: dans le cas du Danemark) ", avance le porte-parole interfédéral au quotidien flamand.  " (…) Notre politique est plus cohérente " 

Et en Belgique?

Quand pouvons-nous, nous aussi, envisager un allègement plus important des mesures?  Interrogé par nos confrères de LN24, l’épidémiologiste Yves Coppieters prend pour point de comparaison la situation aux Pays-Bas. " Ils sont un petit peu en avance sur nous concernant la décrue de leurs hospitalisations. (…) Il y a environ 800-850 personnes hospitalisées chez eux et 280 en soins intensifs. Quand on compare aux chiffres de la Belgique, on a actuellement 3000 personnes hospitalisées et 360 patients en soins intensifs ".  Pour l’expert et professeur de santé publique de l’ULB, la Belgique devra attendre d’avoir passé le pic de la vague Omicron, probablement à la fin du mois de janvier ou début du mois de février.  Une fois qu’on aura démarré la phase descendante (des hospitalisations), (..) alors je pense qu’on peut franchement envisager un relâchement beaucoup plus important ", estime Yves Coppieters. 

Il est rejoint par le virologue Steven Van Gucht. Selon lui, si le pic ne semble pas encore se dessiner, il peut intervenir rapidement. " C’est toujours possible pour la fin du mois de janvier ou début février. (…) Avec un peu de chance, nous pourrons alors réfléchir à un nouvel assouplissement dans quelques semaines ". 

Dans les colonnes du Nieuwsblad, le biostatisticien Geert Molenberghs juge, de son coté, plus difficile d’établir exactement l’arrivée du pic. " Nous approchons du plafond de notre capacité de testing. (…) Certains signes montrent que le taux de positivité n’augmente plus, et qu’il diminue même dans certains groupes d’âge. Ce qui pourrait signifier que nous y sommes presque ".

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