Covid: avec le vaccin et Omicron, moins de 1% des contaminés vont à l’hôpital

La courbe des cas de Covid-19 tend à se détacher de celle des hospitalisations, ce qui encourage à la 3e dose tout en restant vigilant vis-à-vis d'Omicron.

Yves Van Laethem à Bruxelles
Le virologue Yves Van Laethem à Bruxelles le 21 septembre 2020 @BelgaImage

La vaccination fonctionne et réduit tant les hospitalisations que les décès, a martelé vendredi le porte-parole interfédéral Covid-19, Yves Van Laethem, lors de la présentation hebdomadaire à la presse de la situation de la pandémie de coronavirus en Belgique. Le taux d’hospitalisation a diminué de façon progressive depuis le début de la vaccination de la population. Il s’avère aussi que sur les 367 lits aux soins intensifs occupés par des patients testés positifs au Covid-19, la moitié de ces personnes n’est pas vaccinée.

Bonne nouvelle mais attention: "Omicron n’est pas un simple rhume"

Ainsi, désormais moins de 1% des contaminations connues mènent à une hospitalisation, contre 5 à 10% en 2020, avant le lancement de la campagne de vaccination. En outre, 11% des admissions conduisent désormais à une entrée aux soins intensifs alors qu’avant le début de la vaccination, un quart des patients admis était aux soins intensifs, a ajouté Yves Van Laethem. "Ceci est lié à la vaccination et (au variant) Omicron", a souligné le virologue.

Pourtant, "ne nous leurrons pas: Omicron n’est pas un simple rhume, une infection banale. Il peut mener à une hospitalisation, aux soins intensifs et même au décès", a-t-il prévenu. Une dose de rappel prouve également sa nécessité, selon le porte-parole. Ainsi, entre le 3 et le 16 janvier, "donc avec Omicron dominant, le risque de décès était diminué de trois fois pour une personne âgée de plus de 65 ans (soit parmi les plus fragiles, NDLR) vaccinée avec deux doses et de 19 fois avec une dose de rappel", a-t-il exposé. "Il est donc très clair que la vaccination protège mais que la dose de rappel est essentielle et peut avoir un effet majeur sur les formes les plus sévères de la pathologie".

Interrogé sur l’utilité d’une dose "booster" après une infection récente au Covid, Yves Van Laethem a expliqué que celle-ci "allait jouer un effet rappel mais variable d’un patient à l’autre et difficile à estimer" en raison d’un manque d’outils fiables pour mesurer les anticorps. "C’est pourquoi la Belgique, comme de nombreux autres pays, continue de recommander l’administration d’un rappel deux semaines après un test positif ou une guérison".

Des hôpitaux de plus en plus sollicités

Par ailleurs, le porte-parole a tenu à souligner la pression que l’épidémie continuait d’exercer sur les hôpitaux. En effet, outre les 255 admissions en moyenne par jour de personnes atteintes du Covid-19, s’ajoutent environ 158 patients admis par jour dans un établissement hospitalier et qui sont testés positifs au coronavirus à leur arrivée. Ces derniers n’entrent donc pas à l’hôpital à cause d’une infection au Covid-19 mais pour une autre raison – attaque cardiaque, accouchement, fracture…

Ils "pèsent" néanmoins "sur le fonctionnement du système hospitalier" car ils nécessitent des précautions supplémentaires de la part du personnel soignant. D’autant plus que tant les admissions en raison du Covid que celles avec un test positif au coronavirus s’affichent en augmentation, de l’ordre de 80%. Un dépistage est effectué pour toute entrée à l’hôpital.

En attente d’une décrue des contaminations

Yves Van Laethem estime par ailleurs que l’évolution actuelle de l’épidémie "est conforme aux projections les plus optimistes et confirme que (le variant) Omicron est moins sévère dans le contexte que nous connaissons actuellement, d’une population vaccinée et avec une immunité naturelle" acquise lors des précédentes vagues. Cependant, le pic de la cinquième vague n’est pas encore "imminent, même s’il n’est plus très loin". Au niveau des admissions hospitalières, il est attendu pour fin janvier, voire début février. Lundi, un record de nouvelles contaminations détectées en une seule journée a d’ailleurs été battu (près de 62.000 infections) et "lorsque les chiffres de mardi et mercredi seront consolidés, il est probable que nous dépassions encore le chiffre de 60.000", a avancé Yves Van Laethem.

Le nombre de nouveaux cas a augmenté de 34% en une semaine, avec 31.784 contaminations détectées en moyenne par jour, entre le 11 et le 17 janvier. Presque l’entièreté (94%) concernent des infections par le variant Omicron. Le variant Delta ne représente plus que 5% des contaminations, selon le porte-parole. Les nouvelles infections se concentrent chez les plus jeunes: un tiers du total des nouvelles contaminations se trouvent chez les moins de 10 ans et les moins de 20 ans, chez lesquels le nombre de cas a augmenté de 100% en une semaine. Ce doublement "spectaculaire" est "en partie lié à la rentrée scolaire, accompagnée d’un testing plus intensif", a souligné Yves Van Laethem. La hausse est particulièrement marquée chez les 15-17 ans. Chez les personnes dans la vingtaine, qui était le public le plus touché par les infections en décembre au début de la cinquième vague, une légère diminution des nouveaux cas est constatée ce qui fait dire au porte-parole que l’on "peut espérer y voir un signe avant-coureur" pour le reste de la population. Au niveau régional, c’est en Flandre que le plus de cas sont dépistés (48% des nouvelles contaminations), suivie de la Wallonie (25%) et de Bruxelles (11%).

Constat mitigé à l’hôpital

Les admissions à l’hôpital de personnes infectées par le coronavirus progressent également, et de manière plus rapide qu’auparavant, avec une moyenne de 255 admissions par jour, contre 183 hospitalisations quotidiennes il y a une semaine. Hier/jeudi, 341 admissions ont été enregistrées. "L’occupation des hôpitaux est croissante mais pas encore préoccupante même si l’accélération est relativement importante", a analysé M. Van Laethem. Les hôpitaux soignaient jeudi 2.736 patients positifs au virus.

La bonne nouvelle réside dans la diminution persistante de l’occupation des soins intensifs (-11% en une semaine). La moitié des patients aux soins intensifs et positifs au Sars-cov-2 ne sont pas vaccinés, a indiqué le virologue. Les décès sont, eux, en légère augmentation avec en moyenne 22 personnes testées positives au virus qui décèdent par jour. Cette situation se reflète notamment dans les maisons de repos et de soins (MRS), a relevé Yves Van Laethem. Les résidents de ces établissements représentent désormais 16,4% des décès, contre 11% la semaine dernière. En outre, 9% des MRS connaissent une épidémie de plus de 10 cas, contre 4% précédemment.

Cette analyse de la situation épidémiologique fait dire aux porte-parole interfédéraux Covid-19 (Yves Van Laethem et Steven Van Gucht) qu’un baromètre, tel qu’il sera discuté vendredi après-midi en Codeco, ne serait pas utile s’il se basait essentiellement sur le nombre de contaminations. Les nouveaux cas "ne doivent pas intervenir de manière significative" dans ce baromètre, qui déciderait de mesures sanitaires en fonction de critères préétablis, a jugé M. Van Laethem. Les hospitalisations doivent être le critère le plus important, a-t-il conclu.

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