Vaccins ARN: pas de risques cardiaques ou pendant la grossesse selon des études

Ces études à très grande échelle rassurent sur ces points qui ont fait l'objet d'inquiétudes auparavant et d'une attention sanitaire renforcée.

Vaccins Pfizer et Moderna
Fioles des deux vaccins ARNm anti-Covid, de Pfizer et Moderna, à Septèmes-les-Vallons, près de Marseille, le 12 janvier 2022 @BelgaImage

Les vaccins à ARN messager contre le Covid-19 n’augmentent pas le risque de problèmes cardiovasculaires graves (infarctus, AVC ou embolie pulmonaire) chez les moins de 75 ans, souligne mardi une étude publiée par l’agence française du médicament. D’autre part, des études sur des femmes enceintes ont révélé que les deux vaccins anti-Covid les plus largement utilisés, fabriqués avec la technologie à ARN messager, ne présentent aucun risque pour les mères ou les bébés, a déclaré mardi l’Agence européenne des médicaments (EMA).

Confirmation de la "sécurité des vaccins à ARNm"

Dans le cadre du dispositif de surveillance renforcée des vaccins, Epi-Phare, une structure française associant l’Assurance maladie (Cnam) et l’Agence du médicament (ANSM), a mené une étude sur le risque d’événement cardiovasculaire grave (hors myocardite et péricardite) dans les trois semaines suivant l’injection d’un vaccin à ARNm ou à adénovirus. Cette étude a porté sur l’ensemble des adultes âgés de 18 à 74 ans vaccinés ou non, admis à l’hôpital en France entre le 27 décembre 2020 et le 20 juillet 2021 pour un infarctus aigu du myocarde, un accident vasculaire cérébral ischémique ou hémorragique, ou une embolie pulmonaire.

Ses résultats confirment la "sécurité des vaccins à ARNm" (ceux de Pfizer et Moderna) "vis-à-vis du risque d’événement cardiovasculaire grave chez les adultes" qui aurait pu survenir au cours des trois semaines suivant la première ou la deuxième dose des vaccins. En revanche, les vaccins à adénovirus (ceux d’AstraZeneca et Janssen) apparaissent "associés à une légère augmentation du risque d’infarctus du myocarde et d’embolie pulmonaire chez les adultes, dans les deux semaines suivant l’injection". Ces vaccins à adénovirus sont peu utilisés en France, rappelle l’ANSM. "C’est pour nous un résultat majeur qui confirme la sécurité des vaccins à ARN messager chez les moins de 75 ans", a commenté à l’AFP Rosemary Dray-Spira, épidémiologiste et directrice adjointe de la structure d’Epi-Phare. Les résultats de cette enquête corroborent ceux d’autres études internationales.

Une précédente étude, qui portait sur les personnes âgées de 75 ans ou plus, n’avait pas mis en évidence d’augmentation du risque cardiovasculaire après chacune des deux doses du vaccin de Pfizer. Une autre étude d’Epi-Phare portant sur les personnes âgées de 12 à 50 ans avait, elle, montré que les vaccins Pfizer et surtout Moderna augmentaient le risque de survenue de myocardite ou péricardite dans les 7 jours suivant la vaccination, et plus souvent chez des hommes de moins de 30 ans. La maladie du Covid-19 est elle-même fortement associée à un risque de complications cardiovasculaires, tient aussi à rappeler l’ANSM.

"Aucun signe d’un risque accru de complications pendant la grossesse"

Concernant les études sur l’impact pendant la grossesse, des recherches portant sur quelque 65.000 femmes ont montré des "preuves de plus en plus nombreuses" que les injections des vaccins Pfizer et Moderna n’ont pas causé de complications, a affirmé le régulateur européen. Les vaccinations ont également fourni une protection accrue contre les hospitalisations et les décès, en particulier en fin de grossesse, a souligné l’EMA. "L’examen n’a identifié aucun signe d’un risque accru de complications pendant la grossesse, de fausses couches, de naissances prématurées ou d’effets indésirables chez les bébés à naître après la vaccination par vaccin anti-Covid ARNm", a déclaré l’EMA dans un communiqué.

Pfizer et Moderna utilisent tous deux la nouvelle technologie à ARN messager. Le régulateur européen, dont le siège se situe à Amsterdam, a déclaré avoir effectué un "examen approfondi de plusieurs études" portant sur environ 65.000 grossesses à différents stades. "L’examen (…) suggère que les avantages des vaccins anti-Covid à ARNm pendant la grossesse l’emportent sur tous les risques possibles pour les femmes enceintes et les bébés à naître", a souligné l’EMA.

La grossesse elle-même avait été associée à un risque plus élevé de développer une forme sévère de la maladie au cours des deuxième et troisième trimestres, de sorte que les futures mères devraient se faire vacciner, a-t-il ajouté. L’EMA a déclaré qu’elle examinerait désormais les données des autres vaccins qu’elle a autorisés "au fur et à mesure qu’elles seront disponibles".

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