Covid: d’autres variants et vagues à venir selon le patron de l’OMS et des experts

«Croire qu'Omicron est la dernière page, ce serait une erreur fondamentale», estime notamment le virologue Emmanuel André, rejoint par Yves Van Laethem.

Tedros Adhanom Ghebreyesus à Genève
Le patron de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus, à Genève le 20 décembre 2021 @BelgaImage

La pandémie de Covid-19 "est loin d’être terminée", a averti mardi le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), mettant en garde contre l’idée que le variant Omicron est bénin. Un avis partagé par les virologues Yves Van Laethem et Emmanuel André qui ont averti vis-à-vis de l’arrivée très probable de nouveaux variants par la suite.

D’autres variants mais quels types de variants?

Interrogé sur les variants par la Première, Emmanuel André estime qu’il "n’est pas être pessimiste de dire qu’il y en aura d’autres". "Ce virus sait muter pour continuer à échapper à notre système immunitaire et va continuer à le faire. Omicron circule énormément et toute sa circulation est un élément qui favorise l’émergence de nouveaux variants". Même point de vue pour Yves Van Laethem, qui précise qu’"il y a un décalage entre la transmissibilité qui sera sans doute de plus en plus importante pour l’emporter sur le prédécesseur, mais sera-t-il plus agressif ou pas, c’est différent et personne ne sait dans quel sens on ira à ce niveau-là".

Emmanuel André met ainsi en garde les personnes qui débattent de la gestion de crise, notamment avec une éventuelle obligation vaccinale ou un pass vaccinal, tout en estimant que le variant Omicron serait synonyme de la fin de la pandémie. "L’erreur serait de prendre le débat en ne regardant que le variant de l’instant présent. Il faut prendre l’hypothèse qu’il y en aura un autre. Croire qu’Omicron est la dernière page, ce serait une erreur fondamentale", affirme-t-il. Le virologue juge en tout cas que le pass vaccinal n’aurait "rien de médical", avec une application "très compliquée" dans le quotidien des citoyens. Sur ce point, Yves Van Laethem se dit "en faveur d’une obligation" vaccinale "si l’on pense qu’il faut obliger quelque chose" mais "tout à fait contre la notion de pass vaccinal à la française".

Le patron de l’OMS réservé vis-à-vis de l’optimisme ambiant

"Omicron continue de déferler sur la planète. (…) Ne vous méprenez pas, Omicron provoque des hospitalisations et des décès, et même les cas les moins graves submergent les établissements de santé", a déclaré pour sa part Tedros Adhanom Ghebreyesus en conférence de presse à Genève (Suisse). "Cette pandémie est loin d’être terminée et compte tenu de l’incroyable croissance d’Omicron dans le monde, il est probable que de nouveaux variants vont apparaître", a-t-il ajouté. 

Le 11 janvier, l’Agence européenne des médicaments (EMA) avait estimé que bien que la maladie soit toujours en phase de pandémie, la propagation du variant Omicron allait transformer le Covid-19 en une maladie endémique avec laquelle l’humanité peut apprendre à vivre. "Avec l’augmentation de l’immunité dans la population – et avec Omicron, il y aura beaucoup d’immunité naturelle en plus de la vaccination -, nous avancerons rapidement vers un scénario qui sera plus proche de l’endémicité", avait déclaré Marco Cavaleri, chef de la stratégie vaccinale de l’EMA, basée à Amsterdam. En Suisse, le ministre de la Santé Alain Berset a également estimé la semaine dernière que le variant Omicron pourrait être "le début de la fin" de la pandémie. 

Mais le patron de l’OMS se montre bien plus prudent, et a souligné une fois de plus que le variant Omicron n’est pas bénin. "Dans certains pays, les cas de Covid semblent avoir atteint un pic, ce qui laisse espérer que le pire de cette dernière vague est passé, mais aucun pays n’est encore sorti d’affaire", a-t-il dit mardi aux médias. Il s’est montré particulièrement préoccupé par le fait que de nombreux pays ont de faibles taux de vaccination contre le Covid: "Les gens sont plus à risque de souffrir de formes graves de la maladie ou de mourir s’ils ne sont pas vaccinés". "Omicron est peut-être moins grave en moyenne, mais le récit selon lequel il s’agit d’une maladie bénigne est trompeur (et) nuit à la réponse globale et coûte plus de vies", a estimé le Dr Tedros.

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