"Vivre avec le Covid": ce que ça veut vraiment dire

On entend cette formule depuis le début de la pandémie, mais tout le monde ne l’interprète pas de la même façon...

Vivre avec le virus
Children wear mouth masks on the playground of a primary school in Helecine, Monday 06 December 2021. As from today, children from the age of six must wear a mouth cap at public spaces, including schools. The mouth mask obligation is part of new and stronger safety and sanitation measures in the continued Covid-19 pandemic. BELGA PHOTO ERIC LALMAND

Depuis le début de la pandémie, une expression revient souvent dans les discussions sur les mesures sanitaires à suivre: " vivre avec le Covid ". Elle est souvent utilisée pour parler d’un retour à une certaine normalité. Le virus ne va pas disparaitre du jour au lendemain. Il va continuer à se propager et la société doit s’y adapter.

Dernièrement, c’est le ministre britannique de la Santé, Sajid Javid, qui a employé cette formule. Selon lui malgré l’immense vague de cas Covid au Royaume-Uni, il a déclaré " qu’il fallait apprendre à vivre avec le Covid ".

Mais le sens de cette petite phrase semble différer selon les personnes. Pour certains, cela signifie garder toutes les entreprises, tous les services, commerces et autres institutions ouvertes et actives, tout en maintenant une certaine prudence. Pour d’autres, c’est se défaire de toutes contraintes et assumer les conséquences qui en suivront.

Pour continuer sur l’exemple des Anglais, alors que les chiffres Covid du pays sont très hauts, le gouvernement parle déjà d’arrêter le testing systématique des asymptomatiques.

Si cette mesure a été très utile un peu partout dans le monde à l’arrivée de chaque nouveau variant, tester coute cher et la capacité de testing de chaque pays n’est pas indéfiniment extensible. Comme l’indique le Guardian, déjà réfléchir à la fin de la vague Omicron n’a rien de fou, ce n’est pas de l’optimisme inconscient, au contraire.

D’après des études scientifiques, il faudrait environ cinq ans pour que le Covid-19 devienne endémique et que cette durée dépendrait de nombreux facteurs, notamment la vaccination et la durée de l’immunité collective. Ce qui fait que cette épidémie devra continuer à être gérée, surveillée pendant les prochaines années, car le risque de surcharger les hôpitaux restera présent.

C’est long cinq ans, mais ça ne veut pas dire cinq années confinées. Plus le temps passe, plus la situation est un peu mieux maitrisée. Aujourd’hui, on sait que l’Omicron n’est pas inoffensif, mais moins grave que Delta, qu’un rappel du vaccin renforce l’immunité et qu’une nouvelle dose n’est pas pour tout de suite. Dès lors, à chaque nouvelle vague, les États prennent des mesures sanitaires plus adaptées, plus maitrisées et les moins contraignantes possibles, même si celles nécessaires le sont souvent.

C’est cela " vivre avec le Covid ", ce n’est pas mettre toutes les mesures sanitaires derrière nous, mais plutôt rester vigilant. Préserver des mesures même quand la situation est bonne, trouver le meilleur équilibre entre la vie sociale et économique du pays et la gestion de la crise.

Tout laisser tomber serait bien trop risqué, surtout que le monde n’est pas l’abri de l’arrivée d’un nouveau variant, qui ne sera pas forcément moins dangereux ou contagieux que les autres.

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