Quand arrivera le pic de la vague Omicron?

Les indices convergent pour espérer une vague plus ou moins rapide, même si les prochaines semaines s’annoncent compliquées.

Chambre Covid en soins intensifs à Liège
Unité de soins intensifs avec une chambre Covid à la Clinique CHC MontLégia, à Liège, le 14 décembre 2021 @BelgaImage

Depuis une semaine, la Belgique accuse d’une forte reprise épidémique alors qu’elle venait à peine de sortir de la vague précédente. Ce jeudi, les contaminations sont en augmentation de 82% sur une moyenne hebdomadaire. En cause: le variant Omicron, beaucoup plus contagieux que son prédécesseur, Delta. Pour le moment, la situation reste gérable en hôpital, avec une baisse de 17% en soins intensifs, mais le nombre de cas de Covid-19 est tel que la tendance pourrait repartir à la hausse, malgré une moindre grande létale d’Omicron. La question, c’est jusque quand cette explosion des infections va continuer. Les experts commencent cela dit à avoir leur petite idée sur ce point.

Une vague d’un mois?

Pour Yves Van Laethem, virologue et porte-parole interfédéral Covid-19, la vague Omicron pourrait être assez rapide et atteindre en Belgique un pic de contaminations d’ici le milieu ou la fin janvier. Petit bémol toutefois: «il s’agit d’une extrapolation» et pas d’une projection établie sur de véritables données. «L’Afrique du Sud a atteint son sommet en un mois. Puisque le début de la vague date de fin décembre chez nous, on pourrait arriver à notre pic d’ici la fin janvier. C’est en tout cas l’espoir si l’on suit la cinétique sud-africaine», nous ajoute-il. Le pic des hospitalisations devrait quant à lui avoir son traditionnel décalage «avec 10-15 jours de retard». Autrement dit, les hôpitaux connaîtraient leur pire moment au début du mois de février.

S’il s’agit d’une extrapolation, Yves Van Laethem n’est pas le seul à imaginer un pic dès ce mois de janvier. C’est également ce qui est prévu côté français, l’Hexagone étant là aussi en pleine vague Omicron. En atteste, pour le coup, de véritables projections établies par l’Institut Pasteur fin décembre. Outre-Quiévrain, le summum des contaminations est ainsi prévu pour la mi-janvier. Pour ce qui est des hospitalisations, c’est un peu plus incertain. Cela dépendra à la fois de la virulence réelle du nouveau variant, qui fait encore l’objet de spéculations, et du rythme d’administration de la troisième dose de vaccin pour protéger notamment les plus fragiles. Mais globalement, ce pic devrait arriver en France entre la fin janvier et le début février.

C’est également ce que prévoit Samuel Alizon, chercheur au CNRS et spécialiste de la modélisation des maladies infectieuses, qui s’inquiète pour l’augmentation des hospitalisations. «Selon nos modélisations, même si l’épidémie reflue à partir du 15 janvier, que la virulence d’Omicron est un tiers de celle de Delta et que toutes les personnes vaccinées reçoivent un rappel, les services de soins critiques seront soumis à rude épreuve en février», prévient-il à France 24. L’analyse est la même pour l’épidémiologiste Arnaud Fontanet. Comme il l’affirme au Journal du Dimanche, «le recours accru au télétravail va jouer un rôle important» pour adoucir le choc, dont le pire est ici aussi prévu pour la mi-janvier. «Les efforts d’aération ou de ventilation», notamment à l’école, compteront également. Petite note positive: il rappelle que les patients du variant Omicron ont tendance à rester aussi moins longtemps à l’hôpital, ce qui devrait aider à passer cette épreuve.

Un variant qui épuise rapidement ses possibilités de propagation

Une vague Omicron finie en un mois a de quoi frapper en comparaison avec celle qu’a subie la Belgique fin 2021 avec le variant Delta. Cette dernière avait commencé mi-octobre dernier et n’a atteint son pic qu’un mois et demi plus tard, tout début décembre. La durée de la vague pourrait donc être réduite d’un tiers.

Selon le virologue Jean-François Saluzzo, ce passage rapide d’Omicron serait toutefois logique au vu de l’intense circulation du coronavirus au sein de la population. «Quand la plupart des gens l’ont eu, le virus s’arrête car il lui reste peu de réservoir de population à contaminer», explique-t-il à franceinfo, même si cela ne veut pas dire qu’il ne se propagera plus du tout. «Au printemps, ça risque de circuler à bas bruit», ajoute-il. Puis il faudra aussi voir ce qu’il en sera des autres maladies saisonnières comme la grippe, dont l’effet s’ajoutera à celui du Covid-19 dans les hôpitaux. Généralement, les autres années, le pic des épidémies de grippe arrive entre janvier et mars chez nous.

Une bonne nouvelle pour finir: la Belgique a un assez bon taux de vaccination contre le Covid-19 comparé à de nombreux autres pays. 76,4% de la population belge est totalement vaccinée et 38,6% a reçu sa dose de rappel (même si ces chiffres varient en fonction des régions, Bruxelles restant la moins bien placée avec respectivement 59,2% et 22,7%). Comme l’affirme Yves Van Laethem à L’Avenir, cela pourrait jouer un rôle dans les semaines à venir: «Cette troisième dose ne nous empêchera peut-être pas d’avoir moins de contaminations, mais on espère qu’elle jouera son rôle sur la courbe des hospitalisations. On espère avoir une certaine épargne par rapport à d’autres pays qui ne sont pas aussi loin dans leur troisième dose».

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