L’immunité collective, c’est pour cette année

Omicron explose les compteurs des contaminations. Mais combiné au passage de Delta et à la vaccination, il nous dirige vers le Graal: l’immunité collective.

Une foule de personnes qui portent un masque buccal
© Belga Image

Longtemps le variant Delta a régné en maître sur la pandémie. Il a mis nos soins de santé à genoux malgré la vaccination. Mais Omicron est en train de terrasser son petit frère. De quoi en faire notre allié?

Omicron, un variant moins létal

Sir John Bell, professeur de médecine à l’Université d’Oxford, a affirmé qu’Omicron n’est « plus la même maladie qu’il y a un an », rapporte The Guardian. Une maladie qui « semble moins grave ». Selon lui, moins de patients ont besoin d’oxygène à haut débit et les séjours à l’hôpital durent trois jours en moyenne, soit une durée relativement courte. « Les scènes terribles que nous avons vues il y a un an, lorsque les unités de soins intensifs étaient pleines et que de nombreuses personnes mouraient prématurément, sont de l’histoire ancienne, à mon avis », a déclaré John Bell à la BBC.

Omicron menaçait par les incertitudes qui l’entouraient. Désormais plus documenté, il rassure. Le variant contamine massivement la population mais sa dangerosité est plus faible que Delta. Il provoque moins de formes graves de Covid-19 et les besoins en lits de réanimation sont réduits. « On estime que la létalité d’Omicron est 60 à 70% moindre que le variant Delta », affirme Yves Coppieters, épidémiologiste et professeur de santé publique à L’ULB.

Preuve à l’appui avec les derniers chiffres de l’Institut de santé publique Sciensano. Les contaminations quotidiennes ont explosé avec 10.936 nouveaux cas en moyenne, une hausse de 69%. Les admissions à l’hôpital augmentent de 15% avec 156 nouvelles hospitalisations en moyenne par jour. Par contre, les soins intensifs continuent de se vider. 520 patients y sont traités, une diminution de 15%. La mortalité baisse également, de 34%, avec 24 décès en moyenne par jour.

Vers la fin des vagues?

Si Omicron semble moins virulent, il faut dire qu’il est arrivé sur un terrain plus conciliant, celui de la vaccination, par rapport à Delta. « Ce n’est pas un nouveau type de coronavirus mais une nouvelle génération de variant. Il a cherché la manière de s’imposer dans une population très bien immunisée », analyse Yves Coppieters.

Les données encourageantes liées à Omicron donnent des ailes à certains. Le ministre français de la santé, Olivier Veran, a déclaré dans le Journal du dimanche que la cinquième vague qui frappe le pays pourrait être la dernière: « Omicron est tellement contagieux qu’il va toucher toutes les populations du monde. Il va entraîner une immunité renforcée: on sera tous plus armés après son passage ».

Parler de dernière vague, c’est faire un discours très (trop) optimiste et très (trop) politique. 2022 n’est pas à l’abri de nouveaux variants et donc de potentiels rebonds de l’épidémie. Mais la question de l’immunité peut se poser.

Vaccin + variants = immunité collective

Le combo de la vaccination et d’une large population infectée par Omicron permettra-t-il d’atteindre une immunité collective? « On a tous les éléments pour avoir une immunité collective dans les semaines et les mois qui viennent. Ça, c’est sûr. Omicron va s’ajouter à la vaccination, de deux ou trois doses, associée aux répercutions de Delta, parce qu’on a une immunité grâce à Delta », affirme Yves Coppieters.

Selon le professeur de santé publique, l’épidémie va changer de visage. Fini l’horreur de ces deux dernières années. L’immunité collective permettrait de quitter la situation épidémique et ses rebonds trimestriels pour parvenir à une situation endémique. « Omicron est une opportunité pour un meilleur contrôle de l’épidémie dans les mois qui viennent, jusqu’à l’automne prochain. Mais dire qu’Omicron est la fin de l’épidémie me parait un peu ambitieux », tempère-t-il.

L’immunité collective est à nos portes. Elle ne sera pas née « naturellement » en laissant la population se contaminer. Certains pays ont expérimenté cette stratégie pour ensuite faire marche arrière face aux conséquences dévastatrices d’un tel choix. La vaccination, l’arrivée des antiviraux et les contaminations aux différents variants permettent l’émergence de cette immunité et donc d’une épidémie sous contrôle.

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