Covid-19: doit-on douter de la baisse des indicateurs?

Toute l’Europe est confrontée à une recrudescence de Covid-19. Sauf la Belgique qui affiche des indicateurs en baisse. Derrière ces chiffres, un rebond?

Une foule de personnes fait les magasins à Anvers
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La Belgique a détecté 6.199 contaminations en moyenne par jour entre le 19 et le 25 décembre, soit une diminution de 25% par rapport à la semaine précédente. Seule la Région bruxelloise connait une légère augmentation du nombre de cas. Les hospitalisations diminuent aussi, de 22%, avec 135 malades du Covid admis chaque jour. La mortalité liée au virus recule de 11% avec 33 décès quotidiens.

Une situation à peine croyable face à la flambée des cas et des hospitalisations constatés dans le monde mais surtout en Europe. Le continent a enregistré plus de 3,5 millions de cas ces sept derniers jours, soit plus de 510.000 en moyenne par jour. Un record toute vague confondue. « La croissance rapide est probablement liée à une combinaison entre la perte de l’immunité et l’augmentation intrinsèque de la transmissibilité du variant Omicron », estime l’Organisation mondiale de la santé.

Le système de tests serait-il biaisé?

En Belgique, c’est donc l’inverse qui semble se produire. Le virus perd du terrain. Yves Coppieters, épidémiologiste et professeur de santé publique à l’ULB, avance deux hypothèses principales: « La pénétration du variant Omicron est moins forte qu’au Royaume-Uni ou au Danemark et notre système de testing ne parvient pas à mesurer ce qu’il se passe réellement dans la population ».

Autour de Noël, l’utilisation d’autotests a explosé. Problème de cette méthode: les personnes positives au Covid-19 ne sont pas recensées. De plus, durant les vacances, les personnes ont tendance à moins passer par la case test. « On sous-évalue peut-être en Belgique ce qu’il se passe en termes de contaminations », estime Yves Coppieters qui ajoute que « notre système de testing est potentiellement déjà dépassé ».

Le virus circule autant que chez nos voisins

Si le Covid-19 était une discipline aux Jeux Olympiques, la France décrocherait chaque nouveau record. Le jour de Noël, le pays avait franchi le seuil des 100.000 cas. Nouvel exploit ce mardi avec près de 180.000 nouveaux cas en 24 heures.

Aux Pays-Bas, un confinement strict est en place depuis le 19 décembre. Les commerces non-essentiels, les lieux culturels et sportifs (en intérieur) et les établissements horeca y sont fermés. Conséquence: les néerlandais affluent vers la Belgique. Même si le nombre de nouveaux cas diminue aux Pays-Bas, leur baisse ralentit.

En Belgique, le virus circule bel et bien et de la même manière que chez nos voisins. « Si cette vague se passe ailleurs, il n’y a pas de raison qu’elle ne se passe pas chez nous. La vague est peut-être amoindrie par les mesures que l’on a appliquées depuis un mois et demi », explique Yves Coppieters.

La fin incertaine de la quatrième vague

Omicron représente désormais environ 60% des contaminations tandis que le variant Delta poursuit sa baisse. « On est bien dans la descente de la quatrième vague. Mais la descente est un peu plus faible que les autres jours », analyse Yves Coppieters. La courbe va soit stagner, soit remonter. Omicron nous le dira.

Même si les chiffres de ces derniers jours ne sont pas encore consolidés, ils semblent indiquer une augmentation des cas: 2.790 le 25 décembre, 4.528 le 26 décembre et 7.567 le 27 décembre. Alors que le nombre de tests est réduit. Mais pas de panique, le nombre de contaminations ne doit pas inquiéter. A condition qu’il n’impacte pas les indicateurs hospitaliers.

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