Covid: ces arguments en faveur de la vaccination des enfants

La vaccination contre le Covid-19 est accessible aux 5-11 ans sur base volontaire. Une arme de plus contre le variant Omicron.

un enfant se fait vacciner contre le Covid
Le vaccin chez les enfants âgés de 5 à 11 ans se fera en deux doses. Après six mois, un rappel pourra être conseillé. © BelgaImage

Cette fois, il n’y a plus de doute. La grande contagiosité du variant Omicron est avérée. Il représente 12 % de tous les tests positifs au Covid et pourrait être majoritaire à la nouvelle année. Face à ce constat, chaque pays agit. Les Pays-Bas ont carrément décidé de confiner leur population pour Noël. La ­Belgique essaie de garder son sang-froid. À ce stade chez nous, c’est une autre question qui est sur toutes les lèvres. Faut-il, ou non, vacciner les enfants âgés de 5 à 11 ans? Les ministres de la Santé réunis au sein de la conférence interministérielle Santé publique (CIM Santé) ont décidé, ce lundi 20 décembre, d’autoriser cette tranche d’âge à se faire piquer. Il ne s’agira pas d’une obligation. Ni directement comme pour le personnel soignant, ni indirectement à l’instar de la population générale qui veut bénéficier du Covid Safe Ticket afin de pouvoir participer à diverses activités en public.

Le vaccin pour les enfants n’est pas le même que celui administré aux plus grands. Développé par Pfizer/BioNTech, le produit est trois fois moins chargé que celui destiné aux plus de 12 ans. Il se donne en deux injections, réalisées à trois semaines d’intervalle. La protection à pleine capacité devrait durer environ six mois. Ensuite, un rappel pourrait être ­conseillé bien que cela reste à déterminer.

La vaccination des enfants est importante pour deux raisons. D’abord, rappelle le Conseil supérieur de la santé, les 5-11 ans présentant des comorbidités (maladies hépatiques, cardiaques, obésité…) ont 12 fois plus de risques d’être hospitalisés et 19 fois plus d’intégrer une unité de soins intensifs que leurs cama­rades en bonne santé. Ces derniers ont de leur côté de faibles risques de développer une forme sévère du Covid-19. Ainsi entre septembre 2020 et juin 2021, il y a eu 5 décès chez les moins de 18 ans, et aucun chez les moins de 12 ans. Depuis le début de la pandémie, environ 135 enfants âgés entre 5 et 11 ans se sont retrouvés à l’hôpital. Il y a un autre argument important: les enfants infectés même asymptomatiques peuvent contribuer à répandre le virus dans les écoles, les familles ou lors de leurs activités extrascolaires.

Ce second argument est le plus important. Comme le rappelle encore le ­Conseil supérieur de la santé dans son dernier rapport, depuis le début de la crise, la solution réside dans la combinaison des mesures. Les récentes modélisations du consortium SIMID montrent que l’amélioration de la couverture ­vaccinale à au moins 90 % dans chaque cohorte d’âge chez les personnes ­majeures a un impact similaire pour les admissions à l’hôpital et en soins intensifs que l’introduction de la vaccination généralisée des enfants âgés de 5 à 11 ans si on atteint une couverture de 80 %. C’est pourquoi cette politique ne doit pas ralentir l’administration de la ­troisième dose aux personnes majeures.

un enfant se fait vacciner contre le covid

© BelgaImage

Quels effets secondaires?

Selon le Conseil supérieur de la santé, l’effet secondaire le plus commun du vaccin administré chez les 5-11 ans est une douleur autour de la zone où l’injection a été faite. Ensuite viennent les maux de tête et les douleurs musculaires. Ces effets sont généralement faibles ou modérés. En outre, un ­nombre de cas très limité de myocardites, des inflammations du muscle cardiaque, a été constaté suite au vaccin. “Alors que l’effet direct sur la santé de la vaccination des enfants en bonne santé pourrait être limité, une réduction des infections et de la transmission dans la société profiterait aux enfants car elle aiderait à prévenir les fermetures d’écoles et les périodes de quarantaine”, ­conclut le Conseil.

La détresse des écoles

De fait, les écoles subissent les conséquences de la transmission du virus par les élèves. Elles doivent régulièrement faire face à l’absentéisme d’un enseignant ou la suspension des cours en cas de Covid avéré. Les ­écoles primaires ont été fermées une semaine plus tôt, au grand désarroi des élèves et du personnel qui peine à organiser la vie en classe, à s’adapter aux mesures, à limiter les contacts sociaux… Les directrices et directeurs d’école avaient même prévu une manifestation ce mardi 21 décembre. Le personnel ne demande pas la vaccination pour les enfants, mais il est clair qu’elle pourrait ­apaiser un peu les esprits dans les salles de classe.

Les familles en conflit

Si le gouvernement autorise la vaccination, il revient aux parents ou tuteurs légaux de se prononcer. Or on sait à quel point la société est divisée sur le sujet. Il n’est donc pas rare de constater qu’un parent soit en faveur du vaccin pour ses petits bouts et qu’un autre s’y oppose fermement. Dans les familles séparées, les tensions sont encore plus impor­tantes. La jurisprudence garantit que si l’enfant a plus de 12 ans, il faut obtenir son aval. Cette notion ne vaudrait pas en théorie pour les moins de 11 ans… Dans ce cas, lors d’un désaccord entre les deux parents, la question devrait être réglée devant le tribunal de la famille.

Sur le même sujet
Plus d'actualité