Noël: êtes-vous atteint de natalophobie, et comment y remédier?

Cette pathologie, parfois très handicapante, représente un vrai défi pour les personnes qui sont concernées.

Père Noël géant en Angleterre
Un Père Noël géant à Keele, entre Manchester et Birmingham, le 24 novembre 2020 @BelgaImage

Le 25 décembre, c’est Noël! Une fête synonyme de repas de famille que beaucoup attendent avec impatience, mais pas tout le monde. Pour certains, c’est plutôt une corvée, voire un calvaire. Ces personnes, ce sont les natalophobes. Célébrer Noël est pour eux loin d’être agréable et peut créer un véritable stress. Mais attention, il y a une différence entre une simple aversion et une peur viscérale pour ce jour.

Noël: une fête pas si joyeuse

Parmi ces dégoûtés de Noël, on trouve Christine, interogée par RTL Info en 2017. Cela faisait alors 10 ans qu’elle ne se rendait plus aux repas de famille à Noël. «Il y a toujours Pierre, Paul, Jacques qui a bu un peu petit coup de trop et qui va chercher des petits squelettes dans le fond du placard en disant: ‘Oui mais tu te souviens, ton arrière-grand-père, gnagnagni, gnagnagna’. Et puis ça met parfois un certain malaise ou il y a des reproches qui reviennent, l’alcool aidant», témoigne-t-elle. Idem pour Marie. «Il y a des mésententes et ce n’est pas agréable de manger à une table où on ne supporte pas peut-être certaines personnes, en tout cas certaines de leurs idées», raconte-elle en précisant qu’elle se sent réellement bien lorsqu’arrive le 2 janvier.

Les autres sources de tension ne manquent pas à Noël. Il y a la pression de trouver le bon cadeau, mais aussi le rappel que des personnes avec qui on aimait fêter Noël ne sont plus là, soit à cause d’un décès ou d’une séparation. Et pour les célibataires, il y a toujours bien quelqu’un pour demander «Alors, tu n’as toujours pas trouvé quelqu’un?». Bien loin de l’image idyllique et conviviale de Noël. Autant de facteurs qui peuvent provoquer, in fine, une véritable natalophobie.

Dépression, crises d’angoisse, etc.

Concrètement, cette pathologie désigne «une peur excessive, irrationnelle, qui va provoquer des crises d’angoisse à la vue des objets qui font penser à Noël: calendrier de l’Avent, sapin, décorations…», explique à 20 Minutes Fanny Jacq, psychiatre. Il est question d’une véritable dépression qui commence souvent avec un traumatisme. Elle cite par exemple le cas d’une patiente qui a eu un grave accident de vélo et qui redoute depuis l’arrivée de Noël, car les gyrophares du Samu lui rappellent les lumières étincelantes des fêtes de fin d’année.

Il ne s’agit donc pas de simplement détester entendre Mariah Carey à la radio! Ce concept de natalophobie n’existe toutefois que depuis peu et reste assez flou, par manque d’études sur le sujet. «La natalophobie reste assez rare, mais ça existe. Cela peut paraître un peu drôle de l’extérieur, mais c’est handicapant, et il est bien d’avoir donné un nom sur ce phénomène. Les patients savent qu’ils ne sont pas seuls à avoir ce problème». Surtout qu’une natalophobie, c’est plus délicat à avouer qu’une arachnophobie. En découle un repli sur soi très délétère.

Des solutions pour surmonter sa natalophobie

Que peuvent donc faire les personnes concernées? Comme l’explique Fanny Jacq à la Dépêche du Midi, il faut tenter de prendre du recul. «En général, je leur conseille de trouver un compromis sans culpabiliser. Essayer de faire un peu plaisir aux autres, mais toujours en s’écoutant et surtout ne rien s’imposer. Par exemple en annonçant qu’on vient seulement pour le dessert. Et si fêter Noël en famille semble vraiment insurmontable, je conseille carrément de ne pas y aller. Je dis aussi à mes patients qui sont seuls de ne pas hésiter à demander à un ami ou une autre personne de passer le réveillon en sa compagnie. Il s’agit dans toutes ces situations de travailler sur l’affirmation de soi, de s’écouter pour parvenir à assumer son choix», développe-t-elle.

La plateforme de santé mentale Qare, dont Fanny Jacq est la directrice, a même créé avec des chercheurs du CNRS une application pour aider à passer cette épreuve de Noël. Dénommée «Mon Sherpapa Noël», elle propose un suivi et un coaching personnalisé. Les recommandations peuvent être suivre tel ou tel type d’activité, des incitants pour adopter une attitude bienveillante envers soi-même, des exercices de pensée positive, etc. L’application a déjà été téléchargée plus de 230.000 fois.

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