Quel succès pour la troisième dose de vaccin?

Depuis fin novembre, les Belges sont invités à recevoir une troisième dose de vaccin contre le Covid-19. L’engouement est-il au rendez-vous? Éléments de réponse.

Une personne reçoit sa troisième dose de vaccin contre le Covid-19
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Peut-on parler de succès?

3.369.238 personnes ont reçu une troisième dose de vaccin, soit 29% de la population belge. Un chiffre encourageant. Nos aînés sont logiquement les plus protégés: 77% des 65-74 ans ont reçu une troisième injection, ils sont 83% chez les 75-84 ans et 78% pour les 85 ans et plus.

« C’est un vrai succès parce que cette troisième dose a bien ciblé prioritairement les groupes cibles », explique Yves Coppieters, professeur de santé publique à l’ULB. Même si près d’un tiers des belges a reçu sa dose de rappel, la prudence est de mise. « Ce chiffre couvre majoritairement les personnes à risque mais il cache beaucoup de personnes à risque qui n’ont pas encore fait le pas de la troisième dose », estime Yves Coppieters.

A Bruxelles, la vaccination maintient son retard. « On a vacciné plus tard les premières et deuxièmes doses, ça veut dire que les doses de booster vont aussi arriver un peu plus tard », explique Inge Neven, responsable Covid de la Commission communautaire commune (Cocom). « Les agendas sont bien remplis pour les semaines à venir mais il reste encore de la place », poursuit Inge Neven qui estime que, pour le moment, le troisième dose est un succès avec environ 200.000 bruxellois « boostés ».

Les personnes âgées ont répondu présentes mais l’inconnue reste les plus jeunes: vont-ils répondre à leur invitation? Réponses dans les prochaines semaines. « Pour les personnes non à risque de formes graves de coronavirus, il n’y pas de stress. Celles et ceux sans comorbidités peuvent facilement être encore protégées par leurs deux doses après 6 mois », rassure Yves Coppieters. Bref, pas besoin de courir après son booster sauf pour les personnes à risque dont la deuxième dose remonte à plus de 6 mois.

3e dose: un délai raccourci face à Omicron

Les ministres de la Santé ont décidé de réduire de 6 à 4 mois le délai imposé entre la deuxième et la troisième dose des vaccins Pfizer et Moderna. Ce n’est pas le cas pour le vaccin Johnson&Johnson (2 mois) et Astra Zeneca (4 mois). Décision scientifique ou logistique? « Il faut protéger au plus vite un maximum de personnes. Scientifiquement, il est préférable d’administrer une dose de booster entre 4 et 6 mois après la deuxième dose. Avec l’arrivée d’Omicron, on est tombé à 4 mois », explique Inge Neven.

Le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke veut accélérer l’administration d’une troisième dose pour vacciner presque toute la population adulte d’ici fin janvier. Selon des estimations, la dose de rappel augmenterait de 70% la protection contre l’apparition de symptômes. « La troisième dose va nous aider à gérer la future vague d’Omicron mais elle ne va pas être la solution. C’est un outil parmi d’autres », insiste Yves Coppieters.

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