Dose de rappel: quelles différences entre les vaccins anti-Covid?

La dose de rappel devrait être administrée à la population générale dans les prochaines semaines. Le délai minimum après la vaccination avec Pfizer et Moderna a été raccourci. Ouvrant les portes du « booster » à de nombreux adultes belges. Mais ces deux sérums présentent-ils des différences dans leur version rappel?

La vaccination contre le Covid-19 deviendra-t-elle obligatoire en Belgique?
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Ce mercredi soir, le Conseil des ministres a décidé de réduire le délai minimum imposé entre la 2e et la 3e dose des vaccins Pfizer et Moderna. Il passe désormais à 4 mois (contre 6 précécemment).  Avec cette décision, le ministre fédéral de la Santé Frank Vandenbroucke dit espérer que tous les adultes Belges aient reçu leur dose de rappel d’ici la fin janvier. A l’heure actuelle, un quart de la population l’a déjà reçue. Et la cadence devrait sérieusement s’accélérer. 

Si la question du " choix " du sérum a été largement posée pour les premières doses de vaccin (en regard du vaccin AstraZeneca notamment), le choix est plus facile avec cette dose booster. En Belgique, elle se fait, pour l’instant, avec les seuls sérums de Pfizer et de Moderna. Le feu vert pour le vaccin Johnson & Johnson en dose de rappel n’a été donné que ce mercredi 15 décembre par l’Agence européenne des médicaments. 

En France, la vaccination en rappel avec Moderna semble avoir généré quelques inquiétudes chez certains, comme le rapportent nos confrères de LCI. Plusieurs médias font état de refus de la part de personnes qui réalisent qu’elles vont être vaccinées avec du Moderna. Chez nos voisins, le sérum de la firme américaine est réservé aux plus de 30 ans, en raison d’un risque (très faible) de myocardite. Mais à ce stade, les études ne rapportent pas un tel risque pour la dose booster, comme l’explique Daniel Floret, vice-président de la commission technique des vaccinations à la Haute Autorité de la Santé, à nos confrères de La Croix. Une telle limitation d’âge n’existe pas en Belgique pour ce vaccin.

Si ce " désamour " du vaccin Moderna resterait marginal, le ministre de la Santé Olivier Véran a d’ailleurs voulu rassuré sur la question le 3 décembre dernier. " J’insiste: Moderna et Pfizer, c’est pareil ", assure-t-il sur Franceinfo. " La seule différence, c’est que si vous avez moins de 30 ans, on préfère vous donner du Pfizer et ce n’est pas pour des raisons d’efficacité ".

Y a-t-il des différences? 

Vraiment pareil? Techniquement, pas totalement. Les deux sérums sont des vaccins à ARN messager. Mais la principale différence réside dans le dosage des injections. Les deux doses initiales de Moderna contiennent, en effet, 100 microgrammes de vaccin chacune. Celles de Pfizer n’en contiennent que 30. Un " surdosage " qui expliquerait " qu’on a un peu plus d’anticorps avec Moderna que Pfizer ", selon le professeur Jean-Louis Montastruc, chef du service de pharmacologie au CHU de Toulouse, interrogé par FranceInfo. En contrepartie, cela engendrerait un risque d’effets indésirables légèrement plus élevés avec le vaccin Moderna.

Dans le cadre du rappel, le vaccin de Moderna n’est injecté qu’en demi-dose. Pour autant, ce rappel n’en est pas moins efficace. Le laboratoire avait montré, dans des essais rendus publics en octobre, que ce moindre dosage était suffisant pour stimuler la réponse immunitaire. Cette injection est d’ailleurs plus dosée qu’une dose complète de Pfizer. D’autant qu’elle permet de limiter les effets secondaires induits par le vaccin.

Selon une étude publiée dans la revue britannique The Lancet, le rappel avec Moderna semble même présenter " un petit avantage sur le niveau d’anticorps produits ". C’est ce qu’explique Dominique Deplanque, président de la Société de pharmacologie et de thérapeutique à nos confrères de France Info. Il note cependant qu’on ne peut pas tirer de conclusions définitives " sur base d’une seule étude de ce type ".

Le 8 décembre dernier, le Conseil scientifique français a cependant recommandé une augmentation de ce dosage et ce, "pour induire une meilleure réponse immunologie vis-à-vis du variant Omicron". Interrogé par Le Parisien, Denis Malvy, membre du Conseil scientifique, note que si la demi-dose était largement suffisante face au variant Delta, " on sait que le variant Omicron risque d’entraîner un petit échappement immunitaire ". Et d’ajouter: " Si la protection était beaucoup moins bonne, une option serait de revenir à une quantité plus importante". Selon Jean-Michel Dogné, membre de la Taskforce Vaccination, interrogé par la Capitale, la question ne serait pas à l’ordre du jour en Belgique. Le directeur du département pharmacie de l’UNamur précise cependant à nos confrères que " ce sont des réflexions qui valent la peine ".

Il serait, par ailleurs, plus intéressant de combiner différents vaccins en dose initial et en rappel. Selon les autorités sanitaires de l’Union européenne, cela permettrait en effet, dans certains cas, d’obtenir une réponse immunitaire plus forte. Celle-ci serait meilleure en combinant un vaccin à vecteur viral (AstraZeneca ou Johnson & Johnson) en première injection avec un vaccin à ARN Messager en rappel.  Les effets secondaires ressentis après le vaccin seraient cependant plus importants lors d’une combinaison de différents vaccins.

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