Covid: accord pour autoriser les pharmaciens à vacciner, l’Absym contre

L'avant-projet a été transmis pour avis au Conseil d'État. L'Absym, quant à elle, affirme que cette initiative risque d'être plus néfaste que positive.

Pharmacie à Wittelsheim
Une pharmacie à Wittelsheim, près de Mulhouse, en Alsace, le 9 mars 2021 @BelgaImage

Le conseil des ministres a approuvé vendredi un avant-projet de loi permettant aux pharmaciens de vacciner contre le Covid-19. L’Association belge des syndicats médicaux (Absym) demande en parallèle, dans une lettre ouverte adressée au Premier ministre Alexander De Croo et au ministre fédéral de la Santé Frank Vandenbroucke, le retrait de l’avant-projet de loi autorisant les pharmaciens à vacciner contre le Covid-19.

L’Absym très critique

L’avant-projet a pour but "d’impliquer davantage les pharmaciens dans la lutte contre le coronavirus Covid-19 et plus particulièrement en ce qui concerne le processus de vaccination contre ce coronavirus, comme cela a été recommandé par la task force Vaccination, mise en place dans le cadre de la lutte contre la pandémie". Il prévoit donc d’habiliter les pharmaciens d’officine, "à prescrire, mais aussi, moyennant une formation spécifique, à administrer le vaccin contre le coronavirus". Le vaccin ne pourrait être prescrit qu’à la condition d’être immédiatement administré dans la pharmacie elle-même. L’avant-projet confirme aussi l’habilitation permettant aux pharmaciens d’effectuer des tests antigéniques rapides. Il est transmis pour avis au Conseil d’État.

Pour l’Absym toutefois, "il est clair que cette initiative est principalement inspirée par un réflexe corporatiste du lobby des pharmaciens" qui "s’inquiète" du revenu des pharmaciens, "mis à mal par l’arrivée des pharmacies en ligne et des chaînes de pharmacies". L’Absym se dit attachée à une bonne collaboration avec les pharmaciens et les infirmiers, mais cette initiative législative risque de compromettre cette collaboration harmonieuse, estime-t-elle, affirmant qu’il n’existe "aucune preuve scientifique que le taux de vaccination contre le Covid-19 augmenterait si les pharmaciens étaient également impliqués". "Si le médecin généraliste ne parvient pas à convaincre son patient de la valeur ajoutée de la vaccination, le pharmacien n’y réussira certainement pas", estime-t-elle encore.

Enfin, l’Absym constate, sur bases des directives de l’Inami, qu’un médecin ne peut pas facturer une consultation pour une vaccination Covid sauf si celle-ci intervient lors d’une consultation prévue pour une autre raison. "Si les médecins ne sont pas autorisés à facturer la consultation lorsqu’ils ne font que vacciner un patient contre le Covid-19 alors que les pharmaciens sont autorisés à facturer la vaccination, nous rentrons dans une réglementation totalement irrationnelle et malsaine. C’est le monde à l’envers", fustige encore l’association des syndicats médicaux. "Les médecins (généralistes) estiment que ce projet de loi témoigne d’une attitude extrêmement désobligeante à l’égard de la profession de médecin (généraliste) et d’un mépris flagrant pour les efforts déployés par les médecins (généralistes) durant ces 20 derniers mois de la crise Covid", conclut la lettre ouverte, signée par le président de l’Absym, Luc Herry.

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