Variant Omicron : la bonne et la moins bonne nouvelle

Les premières données sur le variant Omicron nous parviennent. Certaines rassurent, d'autres nous poussent à redoubler de vigilance.

Omicron
Belga

Faisons le point sur ce qu’Omicron commence à dévoiler.

La bonne nouvelle

Commençons par la bonne nouvelle. Selon l’Agence européenne des médicaments (EMA) a déclaré jeudi que la plupart des cas du variant Omicron du Covid-19 dans l’Union européenne semblaient être « légers ».

« Les cas semblent être pour la plupart légers, mais nous devons rassembler plus de preuves pour déterminer si le spectre de gravité de la maladie causée par l’Omicron est différent de celui de tous les variants qui ont circulé jusqu’à présent », a indiqué Marco Cavaleri, chef de la stratégie vaccinale de l’EMA.

C’est aussi l’avis de l’OMS. Omicron semble provoquer des symptômes moins sévères que Delta, tout en ayant un taux de réinfection plus élevé pour les personnes guéries de la maladie ou vaccinées. Ce qui nous amène à la moins bonne nouvelle…

Ugur Sahin, PDG de BioNTech

Ugur Sahin, PDG de BioNTech – Belga

La moins bonne nouvelle

Selon les premières expériences faites autour d’Omicron, dont une faite pas BioNTech qui a développé le vaccin ARN messager, le nouveau variant peut contourner la défense vaccinale. En tout cas, deux doses de Pfizer-BioNTech ne sont pas suffisantes pour contrer Omicron. Avec trois doses, c’est déjà mieux. Mais selon Ozlem Türeci, la directrice médicale de BioNTech, « cela nous pousse à étudier plus en profondeur l’option d’un vaccin adapté à Omicron ».

D’autres études viennent corroborer ces premières données : Omicron est plus fort que deux doses de Pfizer. Si bien que le nombre de réinfections explose… Pour autant, certains chercheurs se veulent positifs. Car étant donné les très nombreuses mutations d’Omicron, il y avait un risque que l’efficacité du vaccin tombe à zéro. Ce qui n’est pas le cas.

« Globalement, c’est moins horrible que ce que nous redoutions, explique ainsi au Monde Etienne Simon-Lorière, virologue à l’Institut Pasteur. Avec trois doses ou deux doses et une infection préalable, le niveau [de protection] reste assez élevé. Le virus va donc se transmettre, c’est sûr, mais je reste assez optimiste sur le fait qu’on évitera l’essentiel des formes sévères ».

Trois doses, sinon rien

Trois doses, sinon rien – Belga

Pour résumer

D’après les premières données obtenues, Omicron serait plus contagieux que Delta, mais moins dangereux. Les vaccins ne protègent que partiellement, avec une troisième dose, contre le variant. Celui-ci va donc circuler, et risque fort d’encore muter. D’un autre côté, si son aspect « léger » se confirme, il pourrait devenir son propre vaccin.

Et s’il devait effectivement s’avérer moins virulent, voire bénin, sans décès, le nouveau variant pourrait constituer, selon le chercheur Bruno Canard du CNRS Marseille, « un vaccin naturel ». Et donc, pourrait, toujours au conditionnel, nous permettre d’atteindre l’immunité collective. Mais le chercheur met en garde. D’abord, il faudra voir ce que cela signifie pour les hôpitaux. Ensuite, cela fait beaucoup de « si »…

A suivre au prochain épisode de « La vie au temps du Covid »…

(D.Z. avec Belga)

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