Autriche, Allemagne, Grèce… L’idée de la vaccination obligatoire progresse en Europe

À contre-courant des décisions prises par plusieurs États, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) s’est positionnée contre l’obligation vaccinale.

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Le 19 novembre, l’Autriche surprenait en annonçant l’obligation vaccination pour les adultes, à partir du 1er février prochain. Une surprise, oui, parce que l’arme ultime de la vaccination obligatoire face au Covid-19 n’avait jusqu’alors été dégainée que par des États au crédit démocratique limité et/ou forts lointains, comme le Tadjikistan, le Turkménistan ou l’Indonésie… Mais vu les chiffres de vaccination qui restaient bloqués à 65% et la hausse exponentielle des contaminations, le gouvernement autrichien estimait ne plus avoir le choix.

Depuis, le débat sur la vaccination obligatoire a repris de plus belle, en Belgique comme à l’étranger. Chez nous, la seule obligation décidée à ce stade concernera uniquement le personnel soignant, bien que le cadre légal fasse encore défaut et que les syndicats soient vent debout contre la mesure. Et même si l’Institut fédéral des droits humains (IFDH) a estimé que « la vaccination obligatoire n’est pas incompatible avec les droits humains », un élargissement à l’ensemble de la population n’est pour l’instant pas au programme ; le Premier ministre Alexander De Croo ne n’y est pas montré favorable.

Bientôt en Allemagne, 100 euros d’amende en Grèce

Ailleurs sur le Vieux Continent, le débat s’installe progressivement. Le 1er décembre, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, jugeait« raisonnable et approprié » qu’une discussion s’amorce dans les Etats membres sur le sujet, alors que 66 % des Européens sont vaccinés (à noter qu’en Belgique, cette proportion grimpe à 76%).

L’Allemagne s’apprête ainsi à emboîter le pas au voisin autrichien. Pourtant opposé à la vaccination obligatoire lors de la campagne électorale, le tout nouveau chancelier Olaf Scholz a opéré un 180° et souhaite désormais que l’obligation vaccinale soit adoptée par le Bundestag avant la fin de l’année, pour une entrée en vigueur dans les premières semaines de 2022. Le Social-Démocrate a justifié ce revirement par la couverture vaccinale relativement fine en Allemagne, où 69% de la population a reçu une double dose.

La Grèce a déjà franchi le pas. À la mi-janvier 2022, les plus de 60 ans non vaccinés seront passibles d’une amende administrative de 100 euros par mois. Depuis la fin de l’été, le personnel soignant grec était déjà tenu de passer par la case piqûre. Des soignants pour qui c’est également le cas, en France, en Hongrie, au Royaume-Uni, et bientôt, en Pologne.

En Italie, la vaccination n’est pas légalement obligatoire. Mais avec un « green pass » qui ne s’obtient qu’après l’injection ou un certificat de guérison, et qui est obligatoire pour travailler, aller au cinéma ou au restaurant, c’est tout comme…

L’OMS et l’ONU pas favorables

Face à cette progression, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a tenu à réagir. « Nos recommandations visent à démontrer les bénéfices et la sûreté des vaccins pour obtenir la plus grande acceptation possible des vaccins plutôt que d’imposer la vaccination obligatoire », a précisé récemment la porte-parole de l’OMS.

Même approche du côté de la Haute commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU : « En aucun cas les gens ne doivent être vaccinés de force, même si le refus d’une personne de se plier à une obligation vaccinale peut avoir des conséquences légales comme, par exemple, une amende appropriée », a déclaré Michelle Bachelet mercredi.

Au lieu de l’obligation vaccinale, la Haute commissaire en a profité pour mettre une autre thématique, celle de l’« accès aux vaccins scandaleusement inégal dans le monde ». Selon la Cheffe des droits de l’homme de l’ONU, à peine 8% des adultes avaient, à la date du 1er décembre, reçu une dose de vaccin dans les pays en développement, contre 65% dans les pays riches. « Aucun d’entre nous n’est en sécurité tant que nous ne le sommes pas tous », a rappelé Michelle Bachelet.

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