Covid: une étude détermine les lieux où on se contamine le plus

Les chercheurs ont aussi identifié les lieux où le risque était plus faible, même dans des secteurs pourtant souvent visés par les mesures sanitaires.

Bar à Bangkok
Personnes dans un bar à Bangkok le 4 novembre 2021 @BelgaImage

Ce vendredi 26 novembre, l’Institut Pasteur a publié une nouvelle étude dans la revue The Lancet Regional Health Europe. Son objectif: déterminer dans quels lieux les risques de contamination au Covid-19 sont les plus élevés, chiffres à l’appui. Pour cela, la fondation française a interrogé entre le 23 mai et le 13 août 2021 plus de 12.000 personnes ayant contracté la maladie pour savoir où ils avaient été infectés. Le tout en y ajoutant près de 5.000 individus témoins.

Soirées, bars, transports, travail et enfants

Les deux lieux les plus risqués pointés par l’étude, ce sont les bars (+90% de chances d’attraper le Covid-19) et les soirées (+340% dans les discothèques et lors de soirées privées). Le pire, c’était même plus spécifiquement lorsque des supporters de moins de 40 ans se rassemblaient pour regarder les matchs de l’Euro. Pour les auteurs de l’étude, cela "laisse supposer que les réunions de supporteurs à l’occasion des matchs ont pu jouer un rôle dans la propagation du virus".

Parmi les transports, les résultats sont très variables. Le risque augmente de 70% en avion, 50% en taxi, 30% pour le train et la voiture partagée, et enfin 20% pour le métro. Au travail, même constat en fonction du type d’emploi. Les cadres particulièrement concernés (+90%) à cause de leurs nombreuses réunions. Le risque était également plus élevé lors des cérémonies privées comme des mariages ou des funérailles (+70%).

Puis sans surprise, certaines contaminations venaient de l’école. Plus les enfants sont jeunes, plus le risque est grand pour leurs parents. Le surrisque pour les plus de 40 ans grimpait ainsi de +20% s’ils avaient dans leur entourage un lycéen, de +30% s’il s’agissait d’un collégien, de +40% pour les élèves de l’école primaire, de +60% pour la maternelle et de +90% pour les moins de trois ans.

Pas de souci par contre pour toute une série d’établissements où le risque n’était pas accru. C’est notamment le cas des lieux culturels (cinémas et théâtres), des salons de coiffure, des lieux de cultes, des commerces (sauf ceux de proximité) et même des restaurants.

Gestes barrières et aération: la clé contre le Covid

Pour les épidémiologistes, cette étude confirme ce qui était déjà connu auparavant. Les lieux les plus contaminants sont "des milieux fermés, avec des gestes barrières totalement absents", déclare au Parisien Mahmoud Zureik, professeur de santé publique et d’épidémiologie à l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines. Ce sont en effet "tous les moments où on tombe le masque", confirme à 20 Minutes Michaël Rochoy, chercheur en épidémiologie. "La conséquence pratique, c’est de rappeler l’importance de l’aération et du port du masque", ajoute pour sa part le responsable de l’étude, l’épidémiologiste Arnaud Fontanet, lors d’une interview à l’AFP. Un constat d’autant plus valable en hiver avec un "redécollage épidémique synchrone avec une vague de froid".

Interrogé sur les lieux qui, au contraire, étaient moins risqués, Mahmoud Zureik estime que leurs bons résultats tient est sans doute dû au fait qu’"on n’y reste pas forcément très longtemps, ou qu’on y respecte bien les gestes barrière". "Dans les supermarchés, vous avez souvent beaucoup de hauteur sous le plafond et c’est bien aéré", dit-il. Quant aux restaurants, leur bilan rassurant pourrait être trompeur. Selon Arnaud Fontanet, s’il y avait peu de contaminations dans ces établissements, c’est "probablement parce qu’on était en plein été et qu’on pouvait largement ouvrir les fenêtres et mettre les gens en terrasse". Il se pourrait donc que les résultats soient ici très différents si l’étude était refaite durant la saison hivernale, lorsque les clients se replient vers l’intérieur.

Sur le même sujet
Plus d'actualité