Un cas du nouveau variant détecté en Belgique : ce que l’on sait

Le variant B.1.1.529 (appelé initialement Nu, il a été rebaptisé Omicron par l’OMS). Il est classé « préoccupant».

covid-19 variant Omicron OMS
photo-prétexte/ ©BELGAIMAGE

Clairement, ce vendredi 26 novembre n’aura pas été de tout repos, question covid. Il y a eu le Comité de concertation, qui face à la nouvelle flambée épidémique, a pris une série de mesures. Et puis, presque au même moment, on apprenait qu’un nouveau variant avait été détecté en Afrique du Sud. La souche B.1.1.529, d’abord appelée " Nu " avant d’être rebaptisée " Omicron ", est depuis classée " préoccupante " par l’OMS. Présentant un nombre " extrêmement élevé " de mutations, ce variant est potentiellement très contagieux.

À l’issue du Codeco, le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke (Vooruit) a confirmé qu’un cas positif à la nouvelle souche avait été détecté en Belgique. Il s’agit d’une personne testée positive le 22 novembre, après son retour de l’étranger, a-t-il précisé, avant d’appeler à ne " pas paniquer " au sujet du variant.

Initialement repéré en Afrique du Sud

L’apparition de ce variant est sans doute à l’origine de l’augmentation " exponentielle " des contaminations constatées ces dernières semaines en Afrique du Sud, selon les scientifiques qui l’ont détecté. Le pays qui craint une nouvelle vague de la pandémie d’ici la fin de l’année, est officiellement le plus touché du continent par la pandémie.

Il compte plus de 2,9 millions de cas et plus de 89.600 décès.  La pandémie dans le monde est actuellement dominée par la propagation du variant Delta, très contagieux, initialement détecté en Inde.

Trop tôt pour savoir s’il est réellement une menace

Les informations sur cette souche du virus ne sont pas assez complètes pour affirmer qu’il représente une menace. " Nous aurons plus de renseignements d’ici deux à trois semaines ", a expliqué Yves Van Laethem vendredi en conférence de presse. " Actuellement on ne peut pas conclure qu’il s’imposera ici aussi, nous avons déjà eu des cas similaires d’alertes concernant des variants qui ne se sont finalement pas imposés en Europe, le péruvien par exemple ".

Pour le spécialiste, il est encore " trop tôt pour savoir quelle place prendra ce variant en Europe ou le taux de vaccination est largement supérieur ".

Pourquoi il inquiète

Malgré l’absence, à ce stade, d’études approfondies, le variant Omicron est pris très au sérieux par les spécialistes. " Le variant présente plus de 30 mutations sur la protéine Spike (ndlr. la clé d’entrée du virus dans notre corps), a expliqué à La Libre le virologue Benoît Muylkens. Elles ne sont pas distribuées de manière aléatoire mais se concentrent dans les zones critiques de l’interaction de la protéine avec les cellules humaines et de l’interaction avec les anticorps neutralisant ". Ce qui fait redouter une plus forte contagiosité d’Omicron.

Autre crainte : une diminution de l’efficacité des vaccins. " Ici, en regardant les mutations, on suspecte qu’il y ait beaucoup plus de mutations touchant des domaines de neutralisation, ce qui ferait que le variant n’est plus suffisamment reconnu par le vaccin ", a détaillé Benoît Muylkens. "Cela n’aboutira probablement pas à un échappement total, ce n’est quasi jamais le cas ", a-t-il toutefois pronostiqué.

Contrôles aux frontières

Réunis en urgence, des responsables de l’Union européenne ont recommandé vendredi aux 27 pays de l’UE de suspendre les voyages en provenance de de sept pays de la région d’Afrique australe : Botswana, Eswatini, Lesotho, Mozambique, Namibie, Afrique du Sud, Zimbabwe.

Plusieurs pays européens, comme la France ou la Suisse, ont également pris des mesures vis-à-vis de la Belgique, après la détection d’un cas du variant Omicron. La France a ainsi décidé de renforcer ses contrôles à la frontière avec la Belgique.

(A.P., avec Belga).

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