Voici pourquoi l’épidémie repart malgré la vaccination

Deux doses de vaccin et tout ira bien. On le voit, c'est légèrement plus compliqué que cela. Marius Gilbert explique pourquoi.

Marius Gilbert
Belga

En Flandre occidentale, le taux de vaccination est proche de 80%. Pourtant, c’est dans cette province qu’on observe actuellement la plus forte augmentation d’infections. Comment l’expliquer ? Pourquoi les communes les plus vaccinées sont-elles aussi celles où le virus se propage le plus en cette fin d’automne ?

L’épidémiologiste Marius Gilbert explique cet apparent non-sens dans un long post sur Twitter. En gros, l’épidémie repart parmi les vaccinés pour deux raisons : d’abord, le vaccin perd de son efficacité avec le temps ; ensuite, les personnes vaccinées ont plus de contacts que les non-vaccinées. Si bien qu’elles facilitent la propagation du virus, sans pour autant en ressentir le mal.

A quoi sert le vaccin ?

Reprenons. Fin 2020, on nous promettait qu’avec le vaccin, le virus rentrerait chez lui. Ce fut peu ou prou le cas pendant quelques mois, mais il restait une inconnue. Combien de temps l’immunité vaccinale allait-elle durer ? Eh bien, désormais, on le sait : quatre-cinq mois, environ.

Ceci étant dit, les bienfaits du vaccin vont plus loin, dans ce sens qu’il réduit très fortement les risques de formes graves du Covid. On le voit, les admissions à l’hôpital sont aujourd’hui beaucoup plus élevées chez les non-vaccinés que chez les vaccinés. Mais avec le temps, il empêche de moins en moins le virus de se propager. C’est ce qui est en train de se passer.

Vaccinés, asymptomatiques

L’autre raison pour laquelle les infections repartent aussi vertigineusement, explique Marius Gilbert, est que les vaccinés ont tendance à oublier les gestes barrières et avoir des contacts humains comme dans le monde d’avant. En moyenne, les vaccinés  ont deux fois plus de contacts que les non-vaccinés.

En somme, avec l’augmentation des contacts, l’oubli des gestes barrières, la diminution de l’efficacité du vaccin avec le temps et les températures froides qui poussent les gens à se retrouver à l’intérieur, fenêtres fermées, tout est en place pour offrir au virus une rampe de propagation. Résultat, l’épidémie repart de plus belle, bien souvent sans que les porteurs en soient conscients. C’est le fameux retour des asymptomatiques, porteurs propagateurs sans même le savoir.

Gestes barrière et troisième dose

« Ce qui se passe, c’est que la diminution de risque liée à l’efficacité vaccinale n’est plus suffisante pour compenser l’exposition plus importante à laquelle les vaccinés sont confrontés, écrit Marius Gilbert. Les communes les plus vaccinées deviennent celles où la transmission augmente le plus ».

Il ajoute : « On peut agir de deux manières. D’un côté en diminuant les taux de contacts potentiellement infectieux pour tout le monde (gestes barrières, masques, ventilation, mesures) de l’autre en restaurant l’efficacité vaccinale contre le risque d’infection par une troisième dose ». Vous reprendrez bien un peu de vaccin ?

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