Les psychologues pour le port du masque à l’école: voici leurs arguments

Après avoir analysé les avantages et les inconvénients, ils sont arrivés à la conclusion que le masque permet de poursuivre un «objectif supérieur».

Port du masque à l'école
École primaire avec le port du masque, à Thionville, en Moselle, le 8 novembre 2021 @BelgaImage

Les psychologues de diverses disciplines défendent mercredi la proposition du port du masque par les enfants dès 9 ans à l’école. La mesure est très difficile pour les élèves, admettent-ils, mais permet de cette manière de poursuivre l’«objectif supérieur» d’éviter les quarantaines ou fermetures d’écoles. Ces cas de figure présentent des impacts bien plus négatifs sur le bien-être et l’apprentissage que le port du masque en lui-même.

Pénible mais nécessaire

La proposition du GEMS pour demander aux enfants de porter un masque à l’école a reçu mardi 16 novembre une volée de critiques. Mais un groupe de sept psychologues belges attachés à cinq universités belges défendent toutefois mercredi cette proposition. Surtout si elle peut permettre de minimiser les risques de fermetures d’écoles ou de retour à l’enseignement à distance. Les psychologues se sont livrés à un exercice difficile pour dégager un équilibre entre le développement, la santé et la société.

«Porter un masque une journée entière est pénible pour les enfants», reconnaissent les psychologues. «Cela peut provoquer une gêne physique, comme des démangeaisons. Cela peut aussi être perçu comme une obstruction dans les échanges sociaux». Certaines recherches scientifiques démontrent que les enfants de 9 et 10 ans, comme les adultes, peuvent plus difficilement reconnaitre les émotions d’une personne qui porte un masque. Un constat difficile qui mérite réflexion.

Cependant ces psychologues estiment qu’il est «souhaitable voire nécessaire» de demander aux enfants de faire cet effort sous certaines conditions. «Il n’y a pas de raison de croire qu’un masque va mener à des retards fondamentaux dans le développement émotionnel, social ou du langage des enfants», concluent-ils. «Et encore moins qu’un retard serait irréversible».

La question du masque sur la table du Codeco

Le groupe de psychologues qui coécrit cette position ne se pose pas en partisan inconditionnel de la mesure. «Il est important que l’effort ne soit pas consenti par les enfants uniquement mais partagé par divers secteurs de la société pour ramener sous contrôle la circulation du virus», précisent-ils encore.

L’appel est partagé par le psychologue social Olivier Klein (ULB), le psychologue spécialisé dans les émotions Olivier Luminet (UCL), le psychologue social  Vincent Yzerbyt (UCL), le psychologue en développement Bart Soenens (UGent), le psychologue de la santé Omer Van den Bergh (KULeuven), le psychologue de la motivation  Maarten Vansteenkiste (UGent) et la psychologue de la santé Ann Desmet (UAntwerpen).

La question de faire porter un masque aux enfants devra être abordée par le comité de concertation (Codeco) qui se réunit mercredi dans l’espoir de dégager une série de mesures sanitaires à même de limiter les contaminations au coronavirus.

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