Obligation vaccinale: " cela ne va pas du tout trop loin "

Invité sur DH Radio, le professeur en maladies infectieuses Nathan Clumeck plaide pour la vaccination obligatoire généralisée dès que possible.

vaccination contre le Covid-19
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Alors que la Belgique fait face à un regain de l’épidémie de Covid-19 depuis plusieurs semaines, le fédéral et les entités fédérées se rencontrent ce mercredi afin de décider de nouvelles mesures pour enrayer la propagation du virus sur notre territoire. Parmi les mesures sur la table, notamment, une éventuelle fermeture du monde de la nuit, le port du masque dès 9 ans ou encore le retour généralisé au télétravail. Ces restrictions seront-elles suffisantes?

Pour le professeur de l’ULB Nathan Clumeck, ces mesures arrivent peut-être trop tard. « Je pense que l’on aurait pu anticiper. On sent depuis quelques jours, si pas quelques semaines, qu’on est dans une phase où les choses nous échappent puisque le virus se transmet plus facilement et que les vaccinés eux, peuvent être porteurs du virus », détaille l’expert. « Il y avait des éléments qui nous laissaient penser que ça pouvait aller vers une vague », insiste-t-il.

Si le professeur concède que la prise de décisions est toujours compliquée en temps de crise et ne veut blâmer personne, il estime qu’il est désormais temps d’agir. Selon Nathan Clumeck, les différentes pistes évoquées par le Comité de Concertation doivent être prises dans leur ensemble et considérées comme une addition: « Ce ne sont pas des mesures mutuellement exclusives, ce n’est pas l’une ou l’autre, mais bien une mesure, plus une autre mesure, etc. »

Pour la prochaine vague

Concernant la réelle efficacité de ces restrictions, l’expert se montre sceptique concernant le port du masque dès 9 ans: « Ce n’est pas la mesure la plus importante, car elle est difficile à appliquer. Se focaliser sur les enfants alors qu’il y a d’autres mesures importantes à prendre, ce n’est pas la priorité selon moi. »

Toutefois, le professeur en maladies infectieuses accueille favorablement l’obligation vaccinale des soignants, officiellement entérinée ce lundi soir en kern, et ce malgré les conséquences qu’elles peuvent entraîner pour le personnel soignant refusant de s’y plier – la mise au chômage, notamment. « Cela ne va pas du tout trop loin », estime-t-il. « On a mis du temps à arriver à cette mesure: on en parle depuis des semaines, si pas des mois, et je pense qu’on aurait dû prendre cette mesure plus tôt. Le personnel soignant est vacciné obligatoirement contre l’hépatite B donc je ne vois pas où était le problème. »

L’expert va même plus loin et plaide en faveur d’une obligation vaccinale généralisée à l’ensemble de la population: « Le débat est assez mûr pour l’envisager, et la réalité en Belgique, c’est que lorsque l’on décide quelque chose, il y a tellement d’instances à consulter, il y a tellement de règles à suivre que cela prend plusieurs mois. Donc si l’on va vers l’obligation vaccinale, c’est pour la prochaine vague, ça ne va pas agir sur celle-ci. Et je crois qu’il faut envisager une prochaine vague, c’est quelque chose qui peut arriver et qui arrivera très probablement », met en garde le professeur de l’ULB.

Pour Nathan Clumeck, l’entrée en vigueur de cette obligation vaccinale doit se faire dès que possible: « Il faut arrêter de jouer à pile ou face. Il faut qu’on soit vraiment dans une position d’anticipation et qu’on soit sur nos gardes », insiste le chef de service des maladies infectieuses, qui craint que la pandémie se prolonge encore pendant de nombreux mois. « Tant qu’il y aura des personnes non vaccinées, on va mettre le système de santé en difficulté », conclut l’expert.

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