Une consultation médicale via son smartphone: la promesse de l’application Doktr

L'application se vante d'avoir déjà de nombreux adhérents et d'être simple d'utilisation. Pourtant, elle a fait l'objet de quelques crispations auprès de certains médecins.

Une consultation médicale via son smartphone: la promesse de l’application Doktr
Illustration d’un médecin généraliste devant son ordinateur @BelgaImage

Au printemps dernier, Proximus annonçait en grandes pompes le lancement d’une nouvelle application, Doktr, permettant de faire une consultation médicale à distance, depuis n’importe quel endroit. Aujourd’hui, ce projet devient très concret puisque cette fonctionnalité est désormais disponible sur Google Play et l’App Store. L’application comptabilise déjà 70.000 téléchargements, près de 10.000 patients inscrits et se veut simple d’utilisation. Pourtant, elle a aussi fait l’objet d’une certaine crispation du côté de certains médecins.

Simplicité, sécurité et innovation

La promesse de base de Doktr est simple: une consultation en ligne en moins de 10 minutes. Une nouveauté qui vise clairement à s’adapter à la crise sanitaire, où il est parfois encore plus compliqué de se rendre dans un cabinet médical. Ici, le patient est redirigé vers «une équipe de médecins hautement qualifiés et agréés par l’INAMI, prête à fournir des soins primaires». «Sur base de cette consultation vidéo, qui permet au médecin d’avoir une conversation personnelle et de détecter plus facilement des indices visuels importants, le patient peut également être orienté vers son généraliste ou un hôpital si nécessaire».

Pour cela, il faut d’abord s’enregistrer dans une mutuelle belge et de passer par l’application Itsme pour se connecter tout en sécurité. «On veut innover, casser les codes et proposer des alternatives digitales», a déclaré en mai dernier Guillaume Boutin, le CEO de Proximus, durant une conférence de presse. «Notre avenir passe par une diversification de nos activités. Nous avons l’ambition de devenir le compagnon digital des Belges au quotidien».

Une petite tension dans l’air

Cette initiative de Proximus a toutefois été accueillie très tièdement par certains professionnels de santé. C’est le cas de Philippe Devos, le président de l’Absym (l’Association belge des syndicats médicaux), qui se dit favorable à la télémédecine tout en ne se retrouvant pas totalement dans ce que propose Doktr. Interrogé par L’Écho, il insiste pour garder «la même qualité que lors d’une consultation physique» et estime qu’il y a là «un questionnement qui se pose sur l’usage que peut en faire l’opérateur». «Tout ce qui sera dit via l’application ne sera pas dans le dossier global du patient, car en Belgique, la loi impose qu’un seul médecin soit détenteur du dossier médical global d’un patient et il est le seul à pouvoir écrire dedans. Si vous changez de docteur chaque jour, ça ne peut pas fonctionner», s’inquiète-il.

Face à ces réticences, Proximus s’est dit surpris. La société insiste sur sa transparence, assurant avoir d’abord consulté les médecins avant de lancer son application. L’objectif final est d’ailleurs de faire en sorte que le patient puisse consulter directement son médecin traitant. L’accusation sur le dossier médical est également balayée d’un revers de la main, Proximus insistant sur le fait que le médecin demande au patient l’autorisation de consulter les documents en question pour, in fine, transmettre des éléments au médecin traitant.

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