Vaccins ARN: une étude confirme un risque de péricardite et myocardite, est-ce grave?

Les auteurs affirment que le risque est «peu fréquent» et expliquent en quoi cela ne remet pas en cause les vaccins concernés.

Vaccins ARN: une étude confirme un risque de péricardite et myocardite, est-ce grave?
Une fiole de vaccin Moderna et une autre de vaccin Pfizer, à Jérusalem-Est le 10 août 2021 @BelgaImage

Une vaste étude française parue ce lundi 8 novembre 2021 confirme le risque «peu fréquent» de développer une myocardite ou une péricardite suite à l’injection d’un vaccin Pfizer ou Moderna. La découverte a été réalisée par le groupement Epi-Phare (rassemblant l’Agence nationale de sécurité du médicament et l’Assurance maladie) qui est arrivé à cette conclusion en analysant les patients atteints de ces pathologies dans les hôpitaux. Les auteurs insistent pourtant sur un point: leurs travaux ne «remettent pas en cause le rapport bénéfice/risque» des vaccins concernés. Pour justifier cette confiance vis-à-vis de ces produits, ils exposent en même temps plusieurs constatations parallèles à leur trouvaille.

Pas le fruit du hasard

Concrètement, la myocardite et la péricardite sont deux inflammations concernant respectivement le myocarde (un des muscles du cœur) et le péricarde (une membrane entourant le même organe). L’idée des chercheurs a été d’analyser les patients âgés de 12 à 50 ans arrivés à l’hôpital entre le 15 mai et 31 août 2021 suite à l’une de ces deux pathologies (c’est-à-dire 919 et 917 cas). Chaque cas a été ensuite comparé à 10 témoins ayant le même âge, sexe et département de résidence.

Lorsque Epi-Phare a croisé ces données avec celle des personnes vaccinées, une corrélation intrigante est apparue. 33% des patients atteints de myocardite et 23% atteints de péricardite avaient reçu un vaccin Pfizer ou Moderna dans les trois semaines précédentes. «Le fait que ces excès de cas surviennent très rapidement (après l’injection) permet, entre autres arguments, d’attribuer ce risque au vaccin, car ça ne peut pas être dû au hasard», explique au Parisien l’épidémiologiste Mahmoud Zureilk, directeur d’Epi-Phare et auteur principal de l’étude.

Des cas rares, assez ciblés et non fatals

La suite de l’étude se montre moins alarmante. Les chercheurs remarquent tout d’abord que les patients concernés par cette corrélation ont un profil souvent similaire. Il s’agit surtout d’hommes âgés de moins de 30 ans, c’est-à-dire une partie de la population déjà plus susceptible de contracter ce genre de pathologie. Avec un vaccin Pfizer ou Moderna, le risque pour eux de développer une myocardite ou une péricardite est «particulièrement marqué» dans la semaine suivant la deuxième injection.

Deux autres éléments amènent surtout les chercheurs à considérer que ce risque pèse peu dans la balance. Ils ont notamment regardé à ce qu’étaient devenus ces patients. Résultat: aucun décès n’est à déplorer et les malades ont passé en moyenne 2-4 jours à l’hôpital avant d’en sortir. Puis lorsqu’ils ont comparé ces chiffres avec le nombre total de doses Pfizer et Moderna administrées, ils ont obtenu des chiffres assez faibles. Concrètement, il y a eu chez les hommes de moins de 30 ans un cas de myocardite pour 37.500 vaccins Pfizer et un cas pour 7.600 avec Moderna. Et ça, c’est pour le groupe le plus à risque. Chez les femmes de moins de 30 ans, ces chiffres sont respectivement d’un cas pour 232.400 et d’un cas pour 26.800. Pour les hommes de 30-50 ans, il s’agit d’un cas pour 211.000 et d’un cas pour 37.700.

Un vaccin Moderna à reconsidérer chez les jeunes hommes?

Autrement dit, ces effets secondaires, s’ils peuvent mener à une hospitalisation, sont très rares et ne provoquent pas de décès. Mahmoud Zureik confirme donc au Parisien que «le risque existe, mais la balance bénéfice/risque reste favorable vu que les vaccins sont efficaces à 90 % contre les formes graves, même chez les jeunes».

Les chiffres montrent toutefois que systématiquement, le vaccin de Moderna apparaît plus «risqué» que celui de Pfizer. Est-ce que cela veut dire qu’il vaudrait mieux éviter de l’injecter chez les hommes de moins de 30 ans? Le quotidien de la capitale française se pose la question.

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