Covid: Yves Coppieters appelle à suivre l’exemple de la France

Pour l’épidémiologiste, la Belgique paie en partie ses erreurs des deux derniers mois, d’où des taux de contamination bien plus élevés qu’outre-Quiévrain.

Covid: Yves Coppieters appelle à suivre l’exemple de la France
Yves Coppieters le 4 septembre 2020 à Bruxelles @BelgaImage

Ce samedi, l’épidémiologiste de l’ULB Yves Coppieters était l’invité de la RTBF et pour lui, c’est clair: le taux d’infections au Covid-19 est préoccupant. «7.200 contaminations par jour, c’est très élevé», remarque-t-il. Et si les hôpitaux ne sont pas aussi pleins qu’il y a un an (20% des lits en soins intensifs sont aujourd’hui occupés par des patients Covid-19), le taux de positivité des tests est quand même de 10%, ce qui n’est pas plus rassurant selon l’expert. Par conséquent, la Belgique apparaît aujourd’hui en rouge foncé sur la carte épidémiologique de l’ECDC (Centre européen de prévention et de contrôle des maladies). Pendant ce temps-là, outre-Quiévrain, toutes les régions de France métropolitaine apparaissent en orange grâce à des niveaux de contaminations bien plus faibles. Pour Yves Coppieters, plusieurs raisons peuvent expliquer cette différence et la Belgique pourrait en tirer des leçons.

L’importance des gestes barrières

Premier élément d’explication selon l’expert: le variant Delta, «qui est plus contaminant» et qui fait exploser le nombre d’infections. Mais celui-ci est tout aussi présent de part et d’autre de la frontière franco-belge, donc il y a autre chose. Yves Coppieters remarque aussi que l‘«on teste beaucoup en Belgique», ce qui permet logiquement de mieux détecter les éventuels cas de Covid-19. «Niveau tests, on est dans les chiffres les plus hauts depuis le début de l’épidémie. Et c’est très bien, il faut tester», déclare-t-il. Selon les derniers chiffres de l’ECDC, si la Belgique n’est que le 11e pays de l’Union européenne (UE) à tester le plus par rapport au nombre d’habitants, son taux de testing est deux fois plus élevé que celui français.

Mais l’épidémiologiste voit également d’autres raisons à la différence entre les deux pays, dont la baisse du suivi des gestes barrières en Belgique. «Aujourd’hui, on paie le relâchement des mois d’août et septembre par rapport au port du masque dans certaines provinces en Belgique», regrette-t-il. Selon lui, un port quasi généralisé du masque est indispensable «si l’on ne veut pas avoir de conséquences sur d’autres mesures dans notre sphère sociale privée».

Or en France, l’ambiance serait tout autre selon lui. «La France a eu une 4e vague en septembre, qu’on n’a pas vraiment eu. Les Français ont adhéré complètement aux gestes barrières depuis fin août-début septembre et on voit que c’est la continuité de ces gestes barrières qui protège le mieux les populations européennes actuellement», estime-t-il. Résultat : «la France est une exception actuellement en Europe, les indicateurs y sont très positifs».

Pour terminer, Yves Coppieters rappelle l’importance de la vaccination pour se protéger du Covid-19. «Chez les 18-64 ans, il y a 8 fois plus de risque d’être hospitalisé si on est non-vacciné que vacciné. Chez les 65 ans et plus, il y a 3 fois plus de chance d’être hospitalisé en étant non-vacciné», rappelle-t-il. À l’heure actuelle, la France a une petite avance sur le plan de la vaccination, avec 76,6% des Français ayant reçu au moins une dose, contre 75,7% en Belgique.

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