Autotest, test en pharmacie, test PCR: lequel choisir?

L’utilité de tel ou tel test varie selon qu’on soit vacciné ou pas, que l’on ait tel ou tel symptôme, etc. Voici comment s’y retrouver.

Autotest, test en pharmacie, test PCR: lequel choisir?
Un test réalisé à Quimper le 20 avril 2021 @BelgaImage

Avec la nouvelle vague de contaminations au Covid-19, le nombre de tests réalisés en Belgique est reparti à la hausse. Depuis cette semaine, les autorités sanitaires ont ainsi mis en place un nouvel outil en ligne pour déterminer s’il est utile de faire un test. Si tel est le cas, lequel est le plus probant? Si auparavant, il n’y avait que les PCR, il y a désormais également les autotests et les tests en pharmacie. Mais en fonction de la durée des symptômes, de l’âge et du statut vaccinal, tous ne se valent pas.

Test antigénique vs. test PCR

Commençons par les fondamentaux: un autotest ou un test en pharmacie, c’est plus ou moins la même chose, autrement dit un test antigénique avec un résultat rapide (30 minutes maximum). La seule différence, c’est que le premier est réalisé soi-même et le deuxième par un professionnel à l’aide d’un bâtonnet plus long pour aller plus profondément dans le nez, ce qui augmente les chances de détecter le coronavirus s’il est présent. Mais attention: le test antigénique n’est pas destiné à savoir si une personne est malade en tant que telle. Il permet seulement de déterminer si elle est contagieuse ou pas. Autrement dit, une personne peut être négative à un test antigénique à cause d’une charge virale faible alors qu’elle est contaminée.

Le test PCR pallie à ce défaut. Ici, il s’agit de savoir si un individu a été infecté. Il s’agit donc du meilleur test pour être fixé sur son cas. Problème: il est plus cher (40-50€, contre environ 27€ pour un test antigénique en pharmacie) et il faut que les résultats soient analysés en laboratoire, ce qui prend parfois un ou deux jours.

Un test antigénique pas si performant?

L’outil d’auto-évaluation mis en ligne cette semaine regarde notamment aux symptômes de la personne pour déterminer ce qu’il faut faire. Si cette dernière fait part d’un signe véritablement inquiétant (essoufflement important, sensation douloureuse dans la poitrine, évanouissement sans raison particulière), un rendez-vous chez le médecin est automatiquement conseillé, que l’on suspecte un cas de coronavirus ou pas. Dans le cas contraire, le formulaire analyse d’autres symptômes. S’il s’agit d’une perte du goût et de l’odorat, cela suffit pour être dirigé vers un test PCR. Dans les autres cas, un test antigénique est souvent recommandé lorsqu’il y a ne serait-ce qu’un seul marqueur véritablement suspect (comme une toux préoccupante) ou une conjonction de facteurs (par exemple un mal de tête combiné à des maux de gorge ou à une fatigue très marquée, etc.).

Mais comme le confie le virologue Steven Van Gucht à De Morgen, le test antigénique a une faiblesse: «après une infection, la charge virale est généralement trop faible au bout de cinq jours pour être détectée par un test rapide». En France, la Haute Autorité de Santé conseille de ce fait d’oublier tout de suite les tests antigéniques quand les symptômes datent d’au moins cinq jours et de réaliser d’office un test PCR. Si ce délai n’est pas dépassé, le test PCR est autant conseillé que celui antigénique.

Plus embêtant encore: «les personnes vaccinées produisent généralement moins de particules virales lorsqu’elles sont infectées. La charge virale peut être temporairement élevée au début d’une infection, puis chuter rapidement, par exemple après deux jours au lieu des cinq plus habituels». Autrement dit, il est plus ou moins facile pour une personne vaccinée d’être négative à un autotest ou un test en pharmacie.

Les tests antigéniques peuvent néanmoins être utiles. Steven Van Gucht estime par exemple que même sans symptômes, «si vous êtes en contact avec des personnes à haut risque, vous pouvez toujours faire un autotest comme mesure de prévention supplémentaire». À noter que depuis le 1er novembre, les personnes symptomatiques de plus de 6 ans présentant des symptômes (datant de moins de cinq jours) ont droit à un test antigénique gratuit en pharmacie. Il en est de même pour les personnes provenant d’une zone à haut risque.

Sur le même sujet
Plus d'actualité