Covid: jusqu’à quand faudra-t-il porter un masque?

Interrogés sur cette question, les experts font le point sur l’utilité du masque à l’heure actuelle et sur ce qui pourrait arriver ensuite.

Covid: jusqu’à quand faudra-t-il porter un masque?
Masque vendu dans une pharmacie à Monaco, le 15 mai 2020 @BelgaImage

Quand pourra-t-on tomber le masque? Alors que l’épidémie de Covid-19 montre des signes de reprise, il faudra encore être patient avant de pouvoir abandonner cette mesure barrière, à en croire les experts. 

Des chiffres parlants sur l’efficacité des masques 

Obligatoire dans les espaces publics clos, au travail, dans les transports en commun ou encore sur décision des autorités locales dans les zones extérieures à forte densité, le masque fait partie du quotidien des Français depuis des mois maintenant. Se targuant d’être vaccinés, certains dérogent toutefois à la règle: «dans des bureaux où on est à deux-trois, plus personne ne le met», raconte à l’AFP cette salariée d’une administration publique.

Si beaucoup en ont assez de cette contrainte, le temps de la fin du masque ne semble pas arrivé pour autant. En Belgique, le port du masque sera de rigueur dans toutes les écoles secondaires wallonnes une fois les vacances de Toussaint terminées, adoptant ainsi la règle déjà en vigueur à Bruxelles. Mercredi, le gouvernement français a annoncé qu’il serait à nouveau obligatoire outre-Quiévrain à partir de la semaine prochaine dans les écoles primaires de 39 départements, où le taux d’incidence est repassé au-dessus du seuil de 50 pour 100.000 habitants.

Malgré une population vaccinée à plus de 75%, l’épidémie de coronavirus montre depuis plusieurs jours des signes de reprise. Une bonne raison pour ne surtout pas relâcher les gestes barrières, dont le masque fait partie, insistent les autorités sanitaires. S’alarmant du rythme «très préoccupant» de transmission du Covid-19 en Europe, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a appelé jeudi à continuer la vaccination, à utiliser massivement les masques et à pratiquer les mesures de distanciation sociales. «Des projections fiables montrent que si nous parvenions à un taux d’utilisation de 95% des masques en Europe et en Asie centrale, nous pourrions sauver jusqu’à 188.000 vies sur le demi-million de vies que nous risquons de perdre d’ici février 2022», a noté le directeur de l’OMS Europe, Hans Kluge.

 «Le port du masque pourra empêcher des contaminations tant que celles-ci ne sont pas rendues impossibles par la vaccination», avance Alexandre Nicolas, chercheur au CNRS. Il est en revanche plus difficile de définir, selon lui, «dans quelle mesure quantitative son port freine effectivement la propagation épidémique en ce moment».

«Mieux toléré qu’un confinement»

«Tant que le coronavirus cause des Covid longs, des complications conduisant à l’hospitalisation ou au décès dans des proportions substantielles, nous voudrons tout faire pour éviter de contracter ce virus», assure de son côté l’épidémiologiste Antoine Flahault. Et «pour réduire le risque d’infection, nous savons désormais qu’il convient de combiner les mesures efficaces que sont le vaccin, le port du masque en milieu intérieur, la ventilation dans les lieux clos».

Certains pays ont fait le pari de supprimer le port du masque, comme le Royaume-Uni mi-juillet, ou le Danemark en septembre. Or ces pays connaissent une situation épidémiologique beaucoup plus défavorable que celles de la France, l’Italie, la Suisse, l’Espagne ou le Portugal qui, eux, l’ont conservé, fait remarquer Antoine Flahault. «Sans qu’il soit aisé d’attribuer la totalité de la dégradation de leur situation à la seule levée du port du masque, il est probable qu’elle ait joué un rôle», souligne l’épidémiologiste.

En Israël, le port du masque en intérieur a été levé en juin pour être à nouveau imposé moins de dix jours plus tard, face à la hausse des contaminations. «Le problème, c’est qu’on a affaire à une pandémie et qu’on n’en a pas le contrôle mondial pour l’instant, ce qui nous empêche de dire: ‘on relâche tout’», lance Rodolphe Thiébaut, professeur de santé publique à l’université de Bordeaux et directeur de recherche à l’Inserm. Et même s’il est contraignant, le port du masque reste bien mieux toléré qu’un confinement ou un couvre-feu, souligne-t-il. Si le chercheur ne s’aventure pas à pronostiquer une date de levée de l’obligation en France, il espère que ce ne sera pas un «’bas les masques’ définitif». «On aura sans doute pris l’habitude de porter un masque quand on est malade et ça, c’est une bonne nouvelle» pour limiter la propagation d’autres virus, estime-t-il.

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