Le #PfizerGate remet-il en cause l’efficacité du vaccin Pfizer ?

Le British Medical Journal dévoile des manquements lors des essais cliniques du vaccin Pfizer. Il dénonce l'entreprise Pfizer, son sous-traitant chargé des essais cliniques Ventavia et la Food Drug Administration.

Vaccin Pfizer
Belga

Voici qui ne va pas aider à convaincre les réticents des bienfaits du vaccin. Ce qu’on appelle déjà le #PfizerGate dévoile des méthodes bien peu rigoureuses lors des essais cliniques du vaccin Pfizer. Dans une enquête du British Medical Journal, le journaliste Paul D. Thacker dénonce l’entreprise Pfizer, son sous-traitant chargé des essais cliniques Ventavia et la Food Drug Administration (FDA, l’administration américaine des denrées alimentaires et des médicaments) d’avoir fraudé pour s’assurer la mise sur le marché rapide du vaccin.

Personnel insuffisamment formés, données personnelles non protégées, retard de suivi de patients subissaient des effets secondaires… Submergées, trois laboratoires Ventavia situés au Texas ont laissé la rigueur scientifique au vestiaire. Et mieux valait ne pas l’ébruiter. C’est ce qu’a appris à ses dépens la directrice régionale de Ventavia Texas Ventavia Brooke Jackson.

Automne 2020, Texas

C’est à l’automne 2020 que l’enquête de Paul D. Thacker commence. C’est à cette époque que les essais cliniques du vaccin Pfizer ont lieu dans leur phase III, la phase ultime avant le feu vert de l’administration pour sa mise sur le marché. Pour ces essais, l’entreprise Big Pharma emploie plusieurs sous-traitants. A savoir 153 sites dans le monde et 44.000 personnes…

Parmi ces sous-traitants, Ventavia. Trois sites de l’entreprise situés au Texas ont pour tâche le contrôle de la qualité du vaccin. Or, rapidement, le personnel est débordé, rien ne va comme prévu. La directrice régionale Brooke Jackson signale à plusieurs reprises à la maison-mère Ventavia que son équipe rencontre de nombreux problèmes. Pas de réponse. Elle envoie dès lors un mail de plainte à la FDA.

Quels problèmes ?

Les problèmes rencontrés tiennent avant tout d’un manque de rigueur lors de la phase III des essais cliniques : les vaccins ne sont pas conservés à la bonne température, ils sont mal étiquetés et le suivi des personnes subissant des effets secondaires laisse à désirer. Bref, un environnement de travail très « désordonné », dit une source anonyme, employée de Ventavia.

C’est ce « manque de sérieux » dans la manipulation des vaccins que Brooke Jackson a voulu prévenir Ventavia et la FDA. La réponse de l’administration américaine du médicament n’a pas tardé. Elle disait, en substance, qu’elle ne pouvait rien y faire. Le jour-même, Brooke Jackson est licenciée de Ventavia.

Feu vert en urgence

Clairement, les enjeux sont tels qu’il vaut mieux ne pas poser de question. Dans quelques semaines, Pfizer doit demander à la FDA l’autorisation de mettre son vaccin sur le marché en urgence. Alors des chipotages comme des erreurs de températures ou d’étiquettes, ça va bien !…

Avant de partir, Brooke Jackson a tout de même eu le temps d’emporter des dizaines de documents internes aux trois sites texans de Ventavia qui confirment ce sentiment de travail complètement désordonné : non-respect de l’anonymat, erreurs d’étiquetage, nombre insuffisant d’employés pour effectuer les prélèvements… Tout ce qui trahit un personnel débordé et paralysé par l’obligation de réussir du premier coup.

La seule chose qui importe, c’est le feu vert en urgence de la FDA pour une mise sur le marché du vaccin. Feu vert qui arrive le 10 décembre sans qu’aucun des problèmes rencontrés au Texas soit mentionné. En août 2021, le feu vert est total. La FDA a inspecté neuf sites d’essais-cliniques sur les 153 utilisés par Pfizer. Mais aucun des trois où les problèmes se sont accumulés au Texas.

Pfizer à la poubelle ?

Que penser de ce #PfizerGate, d’un point de vue médical ? On constate un manque de rigueur, un manque de transparence, des essais cliniques pas très scientifiques et des vérifications douteuses de la part de l’administration publique américaine des médicaments. Tout cela a permis au vaccin Pfizer de s’imposer à des millions de personnes. Une faute du point de vue éthique.

Pour autant, l’efficacité du vaccin (qui a été produit par les laboratoires allemands BioNTech et non par Pfizer), elle, n’est pas (encore) remise en doute. Mais, clairement, ce n’est pas la meilleure façon de convaincre ceux qui refusent toujours de se faire vacciner.

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