Van Ranst: "Il est temps de convaincre les non-vaccinés de façon moins amicale"

L’éminent virologue flamand donne son avis sur ce que les autorités devraient faire (ou pas) pour amener les non-vaccinés à franchir le pas.

Van Ranst: «Il est temps de convaincre les non-vaccinés de façon moins amicale»
Le virologue Marc Van Ranst le 11 août 2021 @BelgaImage

Il refuse de dire s’il est satisfait ou pas du comité de concertation (Codeco) de ce mardi 27 octobre. Mais clairement, les décisions d’hier vont dans le bon sens selon Marc Van Ranst, virologue à la KULeuven. Il se réjouit surtout du tour de vis en Flandre, où même le port du masque était fortement assoupli. Il a aussi longuement abordé la question toujours épineuse des non-vaccinés au Covid-19. «Il est temps de les convaincre de façon moins amicale», déclare-t-il à Het Laatste Nieuws. Pour cela, il pointe à la fois ce que les autorités devraient ou ne devraient pas faire dans cette perspective. 

La vaccination obligatoire ou le pass sanitaire? 

Pour le virologue flamand, le taux de vaccination actuel en Belgique (75% de la population totale) n’est pas suffisant pour faire face efficacement à l’épidémie. Mais il le reconnaît: si les autorités veulent aller au-delà, la tâche ne sera pas simple, tant elles ont peu d’outils à leur disposition pour poursuivre cet objectif. Mais «rendre la vaccination obligatoire est un énorme cadeau pour les mouvements anti-vaccins», juge-t-il. Puis dans ce cas-là, «vous devez réfléchir à ce que vous allez faire avec les personnes qui continuent de refuser» le vaccin. Un contentieux qui promettrait de belles polémiques en perspective. 

Marc Van Ranst se penche donc plutôt sur une autre possibilité: le pass sanitaire. «En tant que démocrate, je ne pense pas que ce soit une mesure élégante que de demander un tel laissez-passer à quiconque veut entrer dans un café ou un restaurant. Mais si on veut augmenter le taux de vaccination, il faut être audacieux», estime le virologue. Il rappelle notamment le cas du Portugal, où les autorités «n’ont pas toujours été amicales» avec un résultat éloquent: 87,5% de la population totale a reçu au moins une dose. «Maintenant que nous introduisons plus largement le pass sanitaire, il faut être sûr de dire que cette mesure vise à augmenter le taux de vaccination». 

Des mesures «suffisantes» en l’état mais la guerre sanitaire n’est pas finie 

Pour autant, Marc Van Ranst n’est pas sans reproche envers le Covid Safe Ticket (CST). Il rejoint notamment ceux qui critiquent un pass qui donne un faux sentiment de sécurité. «On doit être honnête à ce sujet: le CST n’est pas sûr à 100%. Mais cela réduit les chances d’être infecté. Les personnes avec un CST peuvent toujours être porteuses du virus et se révéler contagieuses, mais elles sont généralement moins contagieuses et pour une période de temps plus courte», affirme-t-il à De Morgen. 

Dans l’absolu, le virologue estime que les mesures adoptées hier en Codeco sont «suffisantes pour la situation actuelle». Le port du masque revient en force en Flandre, où le gouvernement régional avait levé son obligation en de nombreux endroits malgré les réticences des experts, et il estime que le CST, qui sera finalement aussi imposé au nord du pays, responsabilise la population face à l’épidémie. Il dit aussi comprendre que les vacances de la Toussaint n’aient pas été prolongées par souci de ne pas embêter les parents avec une garde improvisée des enfants. Mais épidémiologiquement parlant, il avoue qu’il aurait été préférable d’ajouter une semaine de congé quand même. 

Bilan: le fait que le gouvernement instaure de nouvelles contraintes sanitaires, à contre-courant de ce qui a été édicté les semaines précédentes, lui «donne de l’espoir». Quand Het Laatste Nieuws lui demande si la quatrième vague de coronavirus, qui devrait atteindre son pic mi-novembre selon les projections, serait suivie par une cinquième, Marc Van Ranst répond que «le virus étant un phénomène cyclique, je serais surpris que ce soit la dernière vague». Mais «il est difficile de dire quand exactement cela se produira, car c’est le résultat de la somme des comportements de millions de personnes. Les gens n’aiment pas m’entendre dire ça, mais cela dépend vraiment de notre propre comportement». 

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