Le " bain à testicules " : une révolution pour la contraception masculine ?

Une jeune Allemande a inventé une nouvelle méthode de contraception pour les hommes baptisée COSO. Reste à savoir si celle-ci arrivera sur le marché...

Coso, la nouvelle contraception masculine
Coso ou le bain à testicules. © Coso/James Dyson Awards

La contraception reste aujourd’hui encore principalement une affaire de femmes. Pilule, stérilet, anneau, implant… De nombreuses méthodes contraceptives sont mises à leur disposition. En revanche, pour les hommes, même si les mentalités évoluent, les contraceptifs se font encore rares sur le marché. Mais une récente invention pourrait changer la donne.

Baptisée COSO, cette nouvelle contraception permet de modifier la mobilité des spermatozoïdes grâce à la chaleur des ultrasons. Pour ce faire, les intéressés doivent plonger leurs testicules dans le récipient rempli d’eau chaude pendant quelques minutes. L’émission d’ultrasons s’occupera du reste. Résultat : les spermatozoïdes ne peuvent pas féconder un éventuel ovocyte.

« Le COSO offre une méthode contraceptive douce, facile à utiliser, sans intervention physique, sans douleur et sans effets secondaires connus », affirme son inventrice Rebecca Weiss, diplômée de l’Université de Munich en design industriel, au Daily Telegraph. Sans hormone, cette contraception est également réversible. Dernier avantage, et non des moindres : ce dispositif protégerait durant six mois à compter de la dernière utilisation.

Avec cette « invention révolutionnaire », Rebecca Weiss vient de remporter le premier prix du James Dyson Awards en Allemagne, récompensant l’innovation et le design au service du monde. Néanmoins, pour l’heure, le COSO n’en est qu’au stade de processus. Le projet doit désormais obtenir le financement nécessaire afin de réaliser des essais cliniques. Car « sans données valides, il ne peut être réalisé », indique son inventrice.

Des promesses et un obstacle

Ce « bain à testicules » s’ajoute ainsi aux autres alternatives qui ont remué la toile – slip chaud et anneau en silicone – sans jamais être reconnues par les autorités de santé. Ces méthodes sont basées sur la contraception thermique qui, grâce à une augmentation de la température, entraînent une altération de la composition du sperme. Il existe également, comme pour les femmes, la contraception hormonale, sous la forme d’un gel ou d’une injection intramusculaire. Mais de nombreuses zones d’ombre persistent, concernant notamment la durée d’efficacité.

Résultat : seulement deux méthodes contraceptives, scientifiquement prouvées, sont conseillées aux hommes en Belgique, le préservatif et la vasectomie. La première présente l’immense avantage de protéger par la même occasion des infections sexuellement transmissibles, mais de nombreux couples l’abandonnent sur le long terme. La seconde vise à ligaturer les canaux déférents. Ce qui rend l’opération difficilement réversible.

Les recherches continuent pour trouver un moyen de contraception efficace, pratique, réversible, avec des effets secondaires acceptables. Mais elles se heurtent à un défi de taille : convaincre l’industrie pharmaceutique. Dans le passé, de nombreuses alternatives prometteuses ont capoté face à son désintérêt. Preuve que le problème n’est pas tant scientifique qu’économique et sociétal.

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