Pass sanitaire à Bruxelles : « Si les chiffres ne s’améliorent pas, il faudra y réfléchir »

Pour le ministre bruxellois de la Santé, utiliser le pass sanitaire comme en France n’est pas à exclure si la situation n’évolue pas positivement d’ici fin septembre.

Alain Maron, ministre bruxellois de la Santé. (Belga)

Le concept du pass sanitaire continue de diviser. En Belgique, il n’y a que très peu de situations où il faut présenter une preuve de vaccination : les grands événements, les voyages…

En France, son utilisation s’est généralisée. Il faut pouvoir montrer ce fameux sésame des vaccinés pour aller au bar, au restaurant, en terrasse, dans les hôpitaux, les trains, les avions et même les centres commerciaux. Une mesure qui a été très mal reçue par une grande partie de la population, qui manifeste contre cette pratique régulièrement. Même certains vaccinés sont opposés à cette règle, ressentie comme liberticide par certains.

Ce mardi, on apprend qu’Alain Maron, ministre bruxellois de la Santé, n’exclut pas d’utiliser le pass sanitaire pour réguler l’accès à certains lieux de la capitale. 

« Au bord du lockdown »

Interrogé par La Libre, il a déclaré que la situation épidémique et le taux de vaccination de Bruxelles n’évoluaient pas positivement d’ici un mois, il faudra envisager un tel système. « Si nous ne parvenons pas à contenir l’épidémie à Bruxelles d’ici la fin septembre, il faudra réfléchir – avec toutes les parties prenantes – à l’opportunité d’étendre le champ d’application du Covid safe ticket. Cela dépendra de trois facteurs : les taux de vaccination par tranche d’âge, le taux d’infection et les hospitalisations », a expliqué le ministre.

Parmi les responsables des moins bons chiffres bruxellois, par rapport à la Flandre et à la Wallonie, il pointe les déplacements à l’étranger. « Le virus circule trop à Bruxelles, notamment à cause des retours de voyage hors de l’Union européenne, qui sont conséquents », souligne Alain Maron. « On a parfois des taux de positivité qui dépassent les 10 %. C’est le cas, par exemple, pour le Maroc où le taux de positivité au Covid pour les retours est de 12 %. C’est gigantesque. Pour les retours de zone rouge en Europe, on enregistre un taux de 6 %. Quant aux hospitalisations, elles sont pour le moment sous contrôle, mais sous haute surveillance. Car j’insiste : sans la vaccination, avec les variants – dont le Delta qui représente 95 % des contaminations –, je pense que l’on serait au bord du lockdown. »

Mais l’objectif n’est pas d’en arriver là. C’est pour cela que la région bruxelloise présente sa nouvelle campagne de vaccination, plus éclatée. « Outre les quatre centres de vaccination encore ouverts, l’idée est d’avoir entre trente et quarante dispositifs décentralisés, sous différentes moutures. Ces lieux seront mobiles, ciblés dans les 43 quartiers où la vaccination est plus faible. Je pense ici aux vacci-bus, aux lieux décentralisés (tels que l’hôtel de ville de Molenbeek) ou des lieux de culte comme nous l’avons déjà fait. Nous allons également intensifier la collaboration avec les pharmaciens – même s’ils ne vaccinent pas – d’une part et, d’autre part, les médecins, qui peuvent vacciner depuis le mois de juillet. »

Privé de terrasses

Les contrôles du pass sanitaire mènent parfois à des dérives inattendues. Par exemple, en Italie, il est parfois préférable de ne pas dire qu’on est vacciné pour avoir une meilleure table… En effet, certains établissements Horeca réservent leurs terrasses extérieures aux personnes qui ne sont pas encore immunisées. Donc, même s’il fait beau, les vaccinés doivent manger ou boire un verre à l’intérieur.
 

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