Covid-19: quatrième vague, troisième dose, deuxième chance

Dans le haut du tableau de la vaccination mondiale contre le coronavirus, la Belgique doit encore concentrer ses efforts à convaincre - ou obliger - les réticents. Tout en assurant le suivi des premiers vaccinés.

Diverses études informent de la durée de l’immunité garantie par les vaccins. - BELGA

Huit adultes sur dix sont entièrement vaccinés contre le Covid-19 en Belgique. Pour les bons élèves – les Wallons et les Flamands – le Codeco de vendredi dernier ouvre la voie à de nouveaux assouplissements. Les Bruxellois devront attendre d’augmenter leur score qui stagne à 50 % de vaccinés. Mais face à la recrudescence des hospitalisations, le personnel soignant est également dans le viseur. On estime à environ 80 % la proportion de membres du personnel soignant vaccinés. Les 20 % réticents n’auront bientôt plus le choix. “Compte tenu du rôle crucial des prestataires de soins dans la lutte contre le Covid-19 et de la nécessité de maximiser la protection des patients, le Comité de concertation demande à explorer sous quelles modalités la vaccination obligatoire pourrait être implémentée pour tous les prestataires de soin”, ont acté les ministres vendredi. La déclaration était attendue depuis les dernières sorties en ce sens de Frank Vandenbroucke. C’est désormais officiel.

Globalement, le secteur se montre plutôt favorable à l’injonction. En juillet dernier, l’Académie royale de médecine de Belgique (ARMB) allait déjà dans ce sens. L’Absym, l’association belge des syndicats médicaux, évoque quant à elle une “obligation déontologique et éthique pour les médecins et le personnel de santé”. Les soignants se devraient de montrer l’exemple, d’avoir une conduite exemplaire. D’autres, moins nombreux, s’y opposent, évoquant une atteinte à leurs libertés, contraire à nos valeurs démocratiques. Mais dans l’ensemble, c’est plutôt le oui qui l’emporte dans la population: 85 % des Belges y seraient favorables. Reste à établir le cadre légal selon lequel cet accord de principe pourra être mis en œuvre. De nombreuses questions restent à ce jour en suspens. Quel sera le champ d’application de cette obligation? Les médecins et infirmiers ne sont pas les seuls à graviter autour des patients dans les hôpitaux. Et quid des maisons de repos, des dentistes, des kinés, des stagiaires?

À ce stade, le ministre de la santé n’a pas encore tranché. Reste aussi à déterminer les modalités concernant les éventuels contrôles et les sanctions. Quant à la date de mise en application d’une telle mesure, elle n’est pas imminente… “Septembre, c’est impossible. C’est pour ça qu’il faut continuer la campagne de sensibilisation auprès de ces gens qui travaillent avec des personnes précaires. On demande pour le moment les avis des partenaires sociaux, mais il faut légiférer. C’est une nouvelle loi et ça prend du temps”, a déclaré Frank Vandenbroucke lundi matin sur les ondes de DH Radio, alors que le nombre de cas positifs ainsi que d’hospitalisations continue d’augmenter.

Malades et vaccinés

On a pu lire différentes statistiques concernant le nombre de patients totalement vaccinés contre le coronavirus et néanmoins hospitalisés. Sciensano fait état de 2,6 %, un chiffre qui concerne les patients hospitalisés entre le 15 février 2021 et le 26 juillet 2021, soit à une époque où le taux de vaccination était encore faible. Pour La Libre, le chef du service des soins intensifs à Saint-Luc, le professeur Pierre-François Laterre, évoquait 8 %, prenant en compte les hospitalisations des six dernières semaines. Ce chiffre peut monter à 30 % si on s’attarde, par exemple, sur la seule semaine du 1er au 8 août. Un taux qui ne fait donc qu’augmenter, mais qui ne concernerait cependant que des personnes présentant des comorbidités ou certaines formes d’immunodépression.

Les immunodéprimés

Pour freiner ces statistiques, il a été décidé que les personnes le plus à risque de développer une forme grave du Covid – les “immunodéprimés” au système immunitaire affaibli – pourraient bénéficier d’une dose supplémentaire du vaccin. Il s’agit d’une 3e dose pour les vaccins Pfizer, Moderna et Astra Zeneca. Une seconde dose pour le Johnson & Johnson. L’invitation arrivera cet automne aux personnes concernées. Elles pourront se faire vacciner dans les centres encore ouverts, à l’hôpital, en maison de repos ou à leur domicile. Il y aurait environ 400.000 Belges concernés. Pour le moment, les personnes âgées ne sont pas (encore) visées par la dose supplémentaire en Belgique, même si on observe que des patients seniors vaccinés début 2021 voient leurs réponses immunitaires au vaccin décliner.

Service après-vente

Diverses études informent de la durée de l’immunité garantie par les vaccins (notamment ceux à ARN messager). Le vaccin de Pfizer serait plus efficace pour lutter contre les infections liées au variant Delta du coronavirus que celui d’AstraZeneca, mais son efficacité décline plus rapidement, démontre une étude de l’université d’Oxford. Une autre analyse démontre quant à elle que, face au variant Delta, le vaccin Pfizer ne protégerait qu’à 42 % contre l’infection, contre 76 % pour le Moderna. Son taux de protection contre l’hospitalisation est toutefois de 75 % (81 % pour Moderna). Mais les vaccins restent malgré tout un atout important. Efficaces au-delà des 90 % face aux formes graves de la maladie, ils prémunissent notamment contre l’engorgement des hôpitaux où la part de patients totalement immunisés reste faible.

Le chiffre

Un adulte non vacciné a dix fois plus de chances qu’un vacciné de finir sur un lit d’hôpital à cause du Covid. 20 fois plus s’il appartient à la catégorie des personnes vulnérables.

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