Après le Codeco, le monde de la culture dans le flou

Le secteur culturel attend quelques précisions avant de réjouir des mesures annoncées à l'issue du Comité de concertation. À Bruxelles, privée d'assouplissements, la pilule a du mal à passer.

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Plusieurs décisions sont tombées lors du Comité de concertation de ce vendredi. Parmi celles-ci, la fin des restrictions, à partir du 1er septembre, pour tous les événements en intérieur de moins de 200 personnes et de moins de 400 personnes en extérieur, à moins que les autorités locales n’en décident autrement. Au-delà de cette limite, il faudra respecter les règles actuelles de distanciation ou demander un Covid Safe Ticket.

À première vue, l’assouplissement paraît clair. Mais pour le monde culturel, c’est plus difficile à déchiffrer, aucune annonce ne lui ayant été spécifiquement adressée. Le secteur oublié ne sait donc pas s’il peut se réjouir d’une telle mesure ou pas. « C’est une bonne nouvelle pour les petits cinémas, du moins s’ils sont compris dans les événements », tempère le secrétaire de la Fédération des cinémas de Belgique Thierry Laeremans. « Ce ne serait pas la première fois que nous nous retrouverions soudainement dans une catégorie à part, avec ses propres règles. »

Pour les grandes salles, c’est plus compliqué. Elles devront faire un choix: soit maintenir les mesures actuelles de port de masque et de distanciation, soit appliquer le Covid Safe Ticket. Une deuxième option qui n’enchante guère le secteur. « Les exemples à l’étranger nous ont montré que c’était un frein pour le public », regrette le secrétaire. « Les gens ne décident pas des semaines à l’avance de se rendre au cinéma, c’est un choix impulsif. » Cela complique donc la possibilité de se faire tester.

De nombreuses interrogations subsistent

Le monde du spectacle attend lui d’avoir une vue plus claire sur les protocoles pour se prononcer. « On ne sait par exemple pas encore si les enfants de moins de 18 ans qui ne sont pas vaccinés peuvent se rendre à des spectacles de pleine capacité ou si le port du masque sera obligatoire pour les événements de moins de 200 personnes », Virginie Devaster, porte-parole de l’Union de professionnels des arts et de la création auprès de nos confrères de La Libre.

Baudouin Remy, membre de la Fédération de la culture indépendante, critique quant à lui le fait que toutes ces mesures arrivent « une fois encore » tardivement. « La planification des spectacles ne se fait pas en quelques jours. Écrire, programmer, organiser une tournée et la promotion d’un spectacle prend au moins six mois. » Encore faut-il, après tout cela, que le public réponde présent. « Au niveau des billetteries, c’est une catastrophe. »

Bruxelles sur pause

Du côté du secteur musical, la mise en place du Covid Safe Ticket, déjà en vigueur pour des événements de masse qui peuvent alors se dérouler sans port de masque et sans distanciation sociale, ne pose pas vraiment de problèmes. En tout cas en Wallonie et en Flandre, puisqu’à Bruxelles, l’heure n’est pas (encore) à la fête. Vu les chiffres inquiétants de l’épidémie dans la capitale et un taux de vaccination plus faible, la plupart des mesures annoncées ce vendredi ne concernent pas le centre du pays.

Les boîtes de nuit bruxelloises sont également dans le flou. Une réouverture sera théoriquement possible dès le 1er octobre, a annoncé le Comité de concertation. Reste à savoir si la capitale ne fera pas à nouveau exception à la règle. Ce manque de clarté inquiète fortement les acteurs de la nuit. « Aujourd’hui, la Flandre et la Wallonie vont prendre un train d’avance car elles vont programmer des événements pour le 1er octobre », dénonce Lorenzo Serra, porte-parole de la Brussels By Night Fédération. « À Bruxelles, on n’osera pas se lancer. Personne n’a les moyens financiers pour prendre ce risque. » À moins que la Région ne leur accorde des aides financières supplémentaires.

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