Covid: Israël impose de nouvelles restrictions suite à une envolée des contaminations

Si le nombre de décès reste limité, le nombre de cas de Covid-19 est si élevé que la perspective d’un reconfinement devient de plus en plus concrète.

Des soignants transportant un patient atteint du Covid-19 à Jérusalem le 15 août 2021 @BelgaImage

De nouvelles restrictions sanitaires sont entrées en vigueur mercredi en Israël, pays qui a enregistré son nombre de contaminations le plus élevé depuis janvier malgré une large campagne de vaccination anticoronavirus (64,8% des Israéliens ont reçu au moins une première dose, contre 72,1% des Belges). Les données officielles comptabilisent une moyenne de 6.534 cas quotidiens sur 7 jours, soit des chiffres qui s’approchent dangereusement du pic de janvier dernier (8.624 cas), même si les décès restent peu nombreux (une moyenne de 19 sur 7 jours).

Pass sanitaire et risque de reconfinement

L’Etat hébreu a réinstauré l’obligation de montrer un certificat de vaccination ou un test PCR négatif pour se rendre dans des restaurants, hôtels, musées et bibliothèques et assister à des événements culturels et sportifs. Cette mesure s’applique également aux lieux de culte accueillant plus de 50 fidèles, a indiqué le ministère de la Santé dans un communiqué, ajoutant que la capacité d’accueil dans les magasins et centres commerciaux était désormais limitée à une personne pour sept mètres carrés. Les autorités ont remis en place à partir de juillet certaines mesures qui avaient été levées en juin, comme l’obligation de porter un masque dans les lieux publics fermés et les bureaux, sur fond d’une hausse du nombre de malades.

Mardi, plus de 8.700 nouveaux malades ont été recensés par les autorités sanitaires, le chiffre le plus élevé depuis le mois de janvier. En juin, seuls quelques cas quotidiens étaient détectés. Israël avait été l’un des premiers pays à lancer, dès la mi-décembre, une vaste campagne de vaccination à la faveur d’un accord avec Pfizer qui lui avait livré rapidement des millions de doses payantes en échange de données sur l’effet et l’efficacité du vaccin sur sa population. Cette campagne avait permis de faire chuter drastiquement le nombre de cas, mais ces dernières semaines les contaminations sont reparties à la hausse avec la propagation du variant Delta chez des adultes non vaccinés mais aussi chez des personnes vaccinées il y a plus de six mois.

L’Etat hébreu a commencé la semaine dernière à injecter une troisième dose de vaccin aux personnes âgées de 50 ans et plus, malgré l’appel de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) en faveur d’un moratoire sur ces doses de rappel afin de laisser plus de vaccins disponibles pour les pays pauvres, où le taux de vaccination reste faible. Le Premier ministre Naftali Bennett avait rétorqué que l’administration de ces doses en Israël, pays de neuf millions d’habitants, n’allait pas affecter les stocks mondiaux et plutôt permettre de tester l’efficacité de la 3e dose. M. Bennett a prévenu qu’un nouveau confinement pourrait être imposé en septembre, mois durant lequel seront célébrées plusieurs fêtes juives, si la situation ne s’améliore pas.

Au total, plus de 959.000 personnes ont été contaminées en Israël, dont près de 6.700 sont décédées. Plus de 5,4 millions de personnes ont reçu deux doses de vaccin, soit 58% de la population, et quelque 1,1 million une troisième dose. Côté palestinien, les autorités ont également recensé une recrudescence des contaminations, le nombre de nouveaux malades quotidiens ayant été multiplié par sept depuis le 1er août, d’après les données du ministère de la Santé. Seuls 432.000 Palestiniens ont reçu deux doses de vaccin, sur les quelque cinq millions qui vivent en Cisjordanie occupée et à Gaza.

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