Vers une troisième dose de vaccin en Belgique: pour qui ?

La task force vaccination a rendu un avis favorable concernant l'administration d'une troisième dose, mais pas pour n'importe qui.

Plus de 400.000 Belges sont concernés par cette troisième dose. - REUTERS

C’est quasiment acté. La conférence interministérielle de la santé, qui aura lieu ce mercredi, devrait donner son feu vert à l’administration d’une troisième dose de vaccin. Malgré l’opposition de l’OMS à ce sujet, la task force vaccination a en effet rendu un avis favorable ce lundi, mais uniquement pour les patients immunodéprimés. Chez ces personnes dont le système immunitaire est affaibli, une troisième dose serait utile pour une protection optimale contre le Covid-19, les deux premières ayant été jugées insuffisantes par les études scientifiques réalisées. C’est pour cette raison que Sabine Stordeur, projet manager de la task force vaccination, évoque dans Le Soir, non pas « une dose de rappel », mais bien « une continuation du schéma vaccinal actuel ». En France, les immunodéprimés ont d’ailleurs droit à trois doses depuis le début de la campagne vaccinale.

Pas (encore) les personnes âgées

Près de 425.000 Belges sont ainsi concernés par cette troisième dose, parmi lesquelles figurent les personnes qui ont bénéficié d’une greffe ou en attente d’une transplantation d’organe, celles qui suivent un traitement contre le cancer ou qui sont sous dialyse, les HIV positifs non stabilisés… Elles seront identifiées et convoquées grâce à la base de données des personnes souffrant de comorbidités qui avait été constituée au printemps dernier.

La Belgique rejoindrait ainsi les autres pays, comme la France, l’Allemagne et les Etats-Unis, qui ont déjà autorisé cette dose de rappel. Tous ont cependant été un cran plus loin en ciblant également les seniors, voire toute leur population. La task force vaccination, elle, ne recommande pas – pour l’instant – de troisième dose pour les personnes âgées, par manque de preuves scientifiques. Mais la piste reste envisagée. « Les résidents de maisons de repos ont été vaccinés plus tôt que les personnes âgées vivant à domicile. Ils pourraient donc être éligibles plus rapidement pour une dose supplémentaire [moins de six mois après la primo-vaccination] ou une dose de rappel [plus de six mois] », expliquent les experts dans leur avis. Et cela, d’autant que la résidence dans une collectivité peut constituer un risque supplémentaire d’infection.

vaccination des seniors

Une évaluation continue

L’extension de ce rappel vaccinal à d’autres publics est donc possible, mais la task force vaccination préconise une approche « progressive », étayée « à chaque étape » par des données « robustes » et « probantes ». Un autre argument incite les experts à freiner la cadence, éthique cette fois. « L’administration universelle accélérée et inefficace d’une dose supplémentaire dans les pays à revenu élevé contribuerait à accroître (encore) les inégalités mondiales en matière de vaccination. Sans compter que la persistance de la circulation du virus ailleurs dans le monde constituerait un terrain propice à l’apparition de nouveaux variants. »

Dès septembre

En attendant les résultats des études scientifiques, la task force vaccination se concentre donc sur les personnes immunodéprimées. Si la conférence interministérielle de la santé confirme son avis ce mercredi, la future campagne de vaccination devrait débuter dès septembre, avec un sérum à ARN messager, à savoir Pfizer ou Moderna.

La Belgique attend toutefois encore un avis de l’Agence européenne des médicaments sur l’utilisation de ces vaccins pour l’administration d’une troisième dose. Après le récent feu vert de son équivalent américain, elle devrait rendre un avis semblable dans les prochains jours. Ce dernier déterminera alors quel intervalle minimum il est nécessaire de respecter entre la deuxième et la troisième dose.

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