Un virologue chinois accusé de plagiat, après avoir critiqué la stratégie anti-Covid de son pays

L'idée de vivre ou non avec le coronavirus est décidément un sujet qui fâche en Chine.

- AFP

Un scientifique chinois, en première ligne dans la gestion de l’épidémie de coronavirus, est visé par une enquête pour plagiat, après s’être interrogé publiquement sur la stratégie chinoise de lutte contre le Covid.

La Chine se targue d’avoir largement endigué la propagation de la maladie sur son sol, depuis le printemps 2020, grâce à des confinements, des applications mobiles de suivi des déplacements et des quarantaines obligatoires à l’arrivée sur le territoire. En dépit de mesures drastiques, le pays fait face depuis le mois dernier à un regain de contaminations sur son sol, le plus important de ces derniers mois en termes d’étendue géographique.

Zhang Wenhong, médiatique expert en maladies infectieuses de Shanghai, avait émis ses doutes fin juillet quant à la stratégie chinoise du zéro Covid, estimant qu’il fallait plutôt « apprendre à vivre avec le virus« . Ces propos, qui semblaient remettre en question le succès de la gestion sanitaire nationale, avaient provoqué dans le pays un vif débat. Des internautes avaient accusé le virologue de « véhiculer des idées étrangères« , tandis que d’autres ont tenté de le discréditer, le soupçonnant d’avoir plagié sa thèse, rédigée en 2000.

Dimanche, la prestigieuse université Fudan de Shanghai, où Zhang Wenhong a réalisé ses travaux, a annoncé l’ouverture d’une enquête.

Scientifiques et universitaires ont apporté leur soutien au docteur de 51 ans. « Qui osera parler franchement et agir selon son jugement professionnel à l’avenir« , s’est interrogé en ligne Yan Feng du département de littérature chinoise l’université Fudan. M. Zhang n’a pas répondu aux sollicitations de l’AFP.

Autre tentative de censure

L’approche chinoise de gestion de l’épidémie est un sujet relativement sensible dans le pays asiatique. Dans la province du Jiangxi (centre), une enseignante a été placée 15 jours en détention pour avoir commenté en ligne un article de presse. Elle estimait que la Chine pouvait « cohabiter » avec le virus.

Le pays a fait état lundi de 51 nouveaux cas sur son sol, dont 13 d’origine locale, chiffres très limités par rapport à ceux enregistrés dans d’autres pays.

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