Menace d’une quatrième vague… Les vaccins, ça marche ou quoi ?

Craintes autour de la vaccination, menace du variant Delta, et puis quoi encore ? Que sait-on réellement ? On fait le point.

Belga

C’est pas bientôt fini, cette affaire ? Alors que la majorité de la population est vaccinée, il n’est question que de passe sanitaire, de variant Delta, d’« antivax », d’augmentation des cas et, déjà, pointe la menace d’une quatrième vague à la rentrée. Oui, mais quoi ? Le vaccin, ça marche ou pas ?

Faisons le point. Après 3,5 milliards de doses injectées dans le monde, que sait-on au juste sur ces vaccins et leur efficacité ?

Situation en Belgique

Tout d’abord, arrêtons-nous chez nous, au Royaume de Belgique. Le variant Delta est là, l’épidémie a repris, les infections et hospitalisations sont en hausse. Pourtant, 71,6% de la population a reçu au moins une dose de vaccin et 65,2% est entièrement vaccinée. Une bonne moyenne. Mais cela n’arrête pas complètement le virus. Que peut-on dire de cette recrudescence ?

Selon les données de Sciensano partagées le 6 août, la grande majorité des personnes hospitalisées à cause du Covid entre le 15 février et le 12 juillet n’étaient pas du tout ou partiellement vaccinés. Seuls 2,5% d’entre eux se sont retrouvés à l’hôpital alors qu’ils étaient entièrement vaccinés ou immunisés.

Que faut-il en déduire ? Que les personnes entièrement vaccinées ou immunisées qui sont de nouveau hospitalisées sont immunodéprimés, c’est-à-dire dont le système immunitaire est affaibli. Et que si le vaccin n’est pas efficace à 100%, il est tout de même un bouclier efficace.

Pour autant, le virus continue sa folle course. Pourquoi ? Doit-on se méfier des vaccins ?

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A quel point les vaccins sont-ils efficaces ?

Dès le départ, l’OMS avait fixé à 50% – mais si possible 70% – le taux d’efficacité du vaccin pour qu’il soit reconnu efficace. Il n’a donc jamais été question qu’il offre une défense absolue face au virus et ses variants.

Après huit mois et au vu des études, on peut affirmer que Pfizer-BioNTech et Moderna sont efficaces à environ 95% face au SARS-CoV-2. AstraZeneca l’est un peu moins, environ 70% d’efficacité, mais 95% contre les formes graves du Covid. Pour Johnson & Johnson, les données manquent, mais l’entreprise a établi à 85% son efficacité contre les formes graves de la maladie.

Ceci étant posé pour le virus « de base ». Face à ses variants, et notamment le variant Delta (ou indien), chaque vaccin est un peu moins efficace (environ 88% pour Pfizer-BioNTech et Moderna, 60% pour AstraZeneca), mais ils restent efficaces. Le vaccin chinois CoronaVac, par contre, produit dix fois moins d’anticorps que le vaccin Pfizer, notamment face au variant brésilien. C’est ce vaccin qui est le plus octroyé en Amérique latine et en Asie.

Combien de temps est-on immunisé grâce aux vaccins ? Il n’y a pas suffisamment de données pour le dire, mais au vu des six premiers mois, on sait que le niveau d’anticorps reste élevé chez les patients Pfizer-BioNTech et Moderna. On peut donc dire que pour ces deux vaccins, au moins, la protection est durable.

Faut-il craindre des effets secondaires à court et long terme ?

C’est la grande question : qu’est-ce qu’ils mettent dans leur potion qu’ils nous injectent dans le corps ? Pour commencer, il faut rappeler que les vaccins contre le coronavirus ne sortent pas d’un chapeau. Les travaux pour trouver un vaccin contre les coronavirus avaient commencé il y a au moins vingt ans, alors que l’épidémie de SARS avaient envahi l’Asie. La technique de l’ARNm utilisée dans les vaccins les plus efficaces n’est pas non plus neuve.

Les effets secondaires existent. Comme avec tous les vaccins. L’état grippal a été ressenti par la plupart de ceux qui ont été vaccinés. D’autres effets ont été détectés, qui peuvent être graves : des myocardites pour Pfizer et AstraZeneca, le fameux « bras Moderna », de l’hypertension artérielle ou des thromboses chez AstraZeneca. Pour ces derniers cas qui ont fait la Une des médias, on en a recensé 53 en France sur 6,5 millions de patients. Soit un taux de 0,0008%. Pour dire que ces effets secondaires graves sont très rares et bien souvent plus liés au patient qu’au vaccin en lui-même. Quant aux autres, plus fréquents, ils sont temporaires et ne remettent pas en question le bénéfice des vaccins. Comme pour la grande majorité des vaccins.

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Reste à savoir si des effets secondaires peuvent avoir lieu plus tard et nous prendre par surprise ? Si on ne peut logiquement pas l’infirmer avec certitude, les médecins et chercheurs considèrent que c’est très peu probable. Selon Brigitte Autran, professeure émérite à Sorbonne Université et membre du comité scientifique sur les vaccins Covid-19 interrogée par Le Figaro : « Les effets indésirables des vaccins surviennent dans les deux premières semaines, exceptionnellement le premier mois. Il n’y a aucune maladie clinique survenant à distance ».

Dans le cas présent, la surveillance autour des vaccins Covid est encore plus serrée que d’habitude pour des raisons évidentes. C’est ainsi qu’on a rapidement découvert et mis en évidence les problèmes autour du vaccin AstraZeneca. Selon les professionnels de la médecine, il est peu probable que les premiers signaux d’une maladie grave soient manqué par les agences de surveillance des vaccins.

Faut-il craindre une quatrième vague ?

Reste la question que personne ne veut entendre. Mais même Marc Van Ranst se veut rassurant ! « On peut faire peur aux gens avec des scénarios catastrophiques. Normalement ça ne va pas arriver. Si c’est le cas, on gérera, mais il ne faut pas faire peur en permanence », a-t-il dit à la DH. Il explique l’augmentation des cas par le variant Delta, plus contagieux, et « parce qu’on teste mieux que l’an dernier ».

« On n’aura plus de grosse vague comme les deux précédentes. On peut avoir une élévation du pic. On a eu une vague après les deux premières mais les soins intensifs n’ont pas été débordés et le nombre de décès a été plus restreint. C’est grâce à la vaccination ».

 

 

 

 

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