La campagne de vaccination change de stratégie

Les centres de vaccination ferment progressivement leurs portes, au profit d'initiatives plus locales. Suffisant pour convaincre les indécis ?

Le centre de vaccination du Heysel ferme ses portes. - BELGA

Le centre de vaccination du Heysel, le plus grand centre de vaccination de Bruxelles, a fermé ses portes ce lundi, après avoir vacciné plus de 134.000 personnes. D’autres établissements bruxellois suivront son exemple d’ici la fin du mois d’août. Seuls les centres de Forest, Pachéco et Woluwe-Saint-Pierre resteront ouverts jusqu’à fin octobre, en fonction de l’évolution de la pandémie. L’hôpital militaire Reine Astrid reste, lui, ouvert à la vaccination pour les Belges à l’étranger et d’autres groupes spécifiques après la mi-août.

Même scénario en Région wallonne, où seize centres resteront ouverts le vendredi et/ou le samedi, au-delà de cet été.  

Ces fermetures peuvent étonner à l’heure où la campagne de vaccination n’est pas terminée. Seulement 63,7% de la population belge a reçu pour le moment deux doses, avec de fortes disparités entre les régions : 67,9% en Flandre et 61,3% en Wallonie contre 44,9% à Bruxelles. Or, pour être efficace, la couverture vaccinale doit être homogène.

Alors pourquoi ? Après plusieurs mois d’activité, ces centres ferment notamment parce que leurs activités doivent reprendre. C’est entre autres le cas pour celui du Heysel mais aussi pour d’autres installés dans des écoles et centres sportifs. Autre raison : les autorités ont décidé de changer de stratégie pour atteindre les indécis.

Prochaine étape, donc : mener des actions locales, moins impersonnelles que les centres de vaccination. « Nous avons pu vacciner la plus grande partie de la population. Maintenant, nous voulons plus cibler nos efforts avec des initiatives plus locales », a souligné Fatima Boudjaoui, porte-parole pour la COCOM, à l’agence Belga. « Nous voulons vraiment aller au cœur des quartiers. »

Vaccibus et communication

Pour cela, il y a les bus de vaccination qui s’arrêtent depuis plusieurs semaines dans différents quartiers bruxellois, pour vacciner gratuitement, sans rendez-vous et avec une seule dose de Johnson & Johnson. Mais celui-ci ayant été réservé pendant un certain temps aux 41 ans et plus, cela pourrait dérouter les plus jeunes.

Muriel Moser, professeure d’immunologie à l’ULB, appelle à redoubler d’efforts au niveau des écoles. « Je pense qu’il faudra augmenter les différentes possibilités d’informer les plus jeunes et assez rapidement parce qu’il faut faire ça avant l’hiver. Il faut absolument éviter de fermer les écoles de nouveau », a-t-elle déclaré au micro de la Première ce mardi matin.  

Un changement au niveau de la communication est également prévu. Les informations seront données par des personnes issues des communautés locales dans une volonté de proximité. « Ce sont les pharmaciens, les travailleurs de rue et les personnes de confiance des différentes communautés religieuses… », explique Fatima Boudjaoui. « L’idée c’est de faire parvenir des informations correctes aux gens, en répondant aux questions qu’ils peuvent encore se poser. »

Pour Muriel Moser, une discussion « auprès de personnes qui sont peu convaincues ou extrêmement inquiètes pour les effets secondaires » avec les médecins généralistes et les universités « ne peut qu’avoir un effet tout à fait bénéfique ».

Et après ?

Reste un point d’interrogation: la troisième dose. La Belgique va-t-elle suivre l’exemple de l’Allemagne, d’Israël et de la France, en administrant une troisième dose de vaccin. Si oui, à qui ? Une décision est attendue dans le courant du mois. Si celle-ci devient nécessaire, la stratégie de vaccination devra une nouvelle fois évoluer car on a du mal à croire que ce dispositif réduit et de proximité suffira à vacciner la population, en partie ou dans sa totalité.

 

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