Cafés, trains, hôpitaux: comment les Français s’adaptent au pass sanitaire

À partir de ce lundi, le pass sanitaire fait son entrée dans la vie quotidienne des Français, malgré la contestation dans la rue.

Vérification du pass sanitaire en France. - AFP

Un peu de souplesse, mais déjà des répercussions concrètes: le pass sanitaire est désormais en vigueur dans le quotidien des Français, pour boire un café, se déplacer en train ou encore accompagner des personnes à l’hôpital. Pour être valide, il doit témoigner soit d’un schéma vaccinal complet, soit du rétablissement du malade à travers un certificat de test positif d’au moins 11 jours et de moins de 6 mois, soit enfin d’un test négatif datant de « moins de 72 heures ».

Dans les cafés, la peur de perdre des clients

« On nous a dit qu’il y avait une semaine de souplesse mais on va appliquer strictement (le pass sanitaire, ndlr), on n’a pas le choix vu les amendes« , explique Cindy Chapel, 40 ans, cheffe de rang dans un restaurant salon de thé de la place Saint-Georges à Toulouse. « Rien que ce matin, je n’ai que deux clients alors que j’en ai une vingtaine en temps normal. Beaucoup de nos habitués ne sont pas vaccinés« , explique-t-elle après avoir contrôlé une famille arrivée peu avant.

A Bordeaux, Hadrien Garcia, responsable du café brasserie « L’intendance » sur le cours du même nom, craint, lui, le trop-plein. « C’est clairement contraignant, ça rallonge notre process de prise de commandes et on se retrouve vite débordés. Cinq tables qui se posent d’un coup ça devient problématique. »

Quelques rues plus loin, à la Villa Tourny, la serveuse Mathilde Cotto s’inquiète: « On perd des clients et ce midi pour l’instant (en début de matinée, ndlr) on a aucune réservation alors que normalement nous sommes complets à chaque fois.« 

pass sanitaire

À Paris, dans un quartier très fréquenté du XIe arrondissement, la crainte est aussi présente pour Mirela Mihalca, serveuse depuis un an au café du Temple: « on le ressentira sûrement sur les pourboires. En plein mois d’août c’est déjà pas très animé » déplore-t-elle.

Un quart des trains contrôlés lundi

Le pass est aussi obligatoire pour les transports longue distance: dès lundi, « un quart des trains » vont être contrôlés, selon le ministre délégué aux Transports Jean-Baptiste Djebbari.

Pas grand monde en vue dans la petite gare de Saint-Jean-de-Maurienne, en Savoie, seules quelques grandes gares nationales opérant les contrôles à quai. Aucun contrôleur n’a non plus vérifié le pass sanitaire à bord. De toute façon, confirme une agente, « il y a une tolérance pour une semaine« . Ensuite, l’amende sera de 135 euros.

A la gare de Paris Montparnasse lundi en milieu de matinée, en revanche, des personnels SNCF en gilet bleu allaient à la rencontre des passagers en partance pour Arcachon, en leur proposant – sans les forcer — de contrôler leur passe sanitaire. « Comme ça on ne vous le réclamera plus du voyage« , expliquait une agente à une voyageuse en lui remettant un bracelet en papier bleu estampillé SNCF.

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Un peu de tension à l’hôpital

Devant l’hôpital européen Georges Pompidou à Paris, une altercation survient entre un visiteur et les contrôleurs du pass sanitaire. « Ça me dégoûte, j’aurais honte à votre place !« , crie à travers les barrières de sécurité Bernard François, un septuagénaire qui n’a pas pu accompagner à son scanner sa femme Nicole, malade du cancer, faute de pass sanitaire.

« C’est un monde de fou, le serment des médecins est de soigner, pas de dire ‘toi tu peux rentrer, toi non' », fustige-t-il, tandis que sa femme a fait un test PCR pour se présenter à son rendez-vous. Le pass sanitaire n’est pas nécessaire pour accéder aux soins d’urgence dans les hôpitaux.

Pour le premier jour les contrôleurs se montrent compréhensifs pour les consultations prévues. « J’ai juste montré mon attestation de rendez-vous et ils m’ont laissé rentrer« , témoigne Debache Tayeb, enseignant chercheur, qui attend sa dose de vaccin après avoir eu le Covid il y a quelques semaines.

Les pharmacies bondées

Pour montrer patte blanche, les personnes non-vaccinées faisaient la queue devant les pharmacies. Devant celle du centre commercial Le Colombia, au coeur de Rennes, une longue file d’attente, bien plus que d’habitude selon un des employés, dépassait des portes d’entrée et de nombreuses personnes attendaient sous le crachin breton.

« Je dois partir dans le Sud et prendre le train, je suis un peu stressé, car j’espère avoir mon test. Je ne sais pas si je vais arriver à partir« , s’inquiète dans la queue Basile, 21 ans.

A Lille, Olga, étudiante 19 ans, attend le résultat de son test antigénique. « Pour les jeunes, la vaccination a été ouverte tard, donc je n’ai pas eu le temps et maintenant, je suis prise de cours, ça me gâche un peu mes vacances« , regrette la jeune femme. Un peu plus loin, Elsa Maurios, une costumière de 53 ans s’apprête à faire un test pour rentrer à Paris. Elle « hésite encore » à se faire vacciner, « mais quand les tests vont devenir payants« , à partir de l’automne, « ce sera sans doute un point de bascule« , estime-t-elle.

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