France: l’épidémie de Covid-19 s’aggrave dans le sud et en outre-mer

Les zones les plus touchées sont globalement celles qui attirent le plus de touristes et qui sont moins vaccinées. Les hôpitaux d'outre-mer affirment avoir basculé dans une "médecine de la catastrophe".

@BelgaImage

La quatrième vague de Covid-19 progresse encore, frappant particulièrement le sud de la France, la Guadeloupe et la Martinique, aux hôpitaux saturés, au moment où plusieurs dizaines de milliers de personnes vont de nouveau manifester contre le pass sanitaire samedi, à deux jours de son extension.

Des chiffres globalement en hausse

Dans ce contexte, l’exécutif met l’accent sur la nécessité de poursuivre le « sprint vaccinal » engagé pour atteindre l’objectif fixé de 50 millions de personnes ayant reçu une première dose de vaccin d’ici fin août. « Faites-vous vacciner« , a encore exhorté Emmanuel Macron dans une vidéo postée sur Instagram vendredi, la dernière d’une série destinée à répondre aux interrogations des Français sur la vaccination.

Car les chiffres publiés vendredi soir par Santé publique France restent globalement en hausse : 8.368 patients hospitalisés (862 nouvelles admissions en 24 heures), contre 8.210 jeudi, dont 1.458 en soins critiques (1.420 la veille). Et 60 décès, après 52 jeudi, portant à 112.190 morts le bilan depuis le début de l’épidémie. Les nouveaux cas détectés restent nombreux : 25.077 vendredi, contre 26.460 la veille, pour un taux de positivité de 4,2%, selon Santé publique France, qui relevait toutefois jeudi « une augmentation plus modérée » de leur nombre pour la semaine du 26 juillet au 1er août.

La vaccination, elle, continue de progresser, avec plus de 44,4 millions de Français ayant reçu au moins une injection (65,9% de la population totale) et près de 37 millions ayant un schéma vaccinal complet (54,6%).

De « la médecine de catastrophe »

Ceux qui la refusent catégoriquement, doutent, ou sont vaccinés, mais qui fustigent le pass sanitaire, élargi lundi 9 août à nombre de lieux publics, aux transports longue distance, aux lieux de culture et aux restaurants, se sont retouvés samedi pour une quatrième journée de mobilisation.

En métropole, la situation épidémiologique est particulièrement scrutée dans le sud, où les taux d’incidence ont brusquement augmenté, pour dépasser par exemple les 400 cas pour 100.000 habitants en Occitanie (et même le seuil de 1.000 pour les 20/30 ans) et les 500 cas en Provence-Alpes-Côte d’Azur début août. En Haute-Corse, le taux d’incidence était quatre fois supérieur à la moyenne nationale cette semaine.

Rebond épidémique, affluence des vacanciers, soignants en congés d’été: ce cocktail a poussé les autorités à déclencher le Plan blanc, qui renforce l’organisation des hôpitaux, sur tout le pourtour méditerranéen, en Corse, en région Paca, puis en Occitanie. Et, en conséquence, l’Allemagne va imposer à partir de dimanche une quarantaine pour les voyageurs non immunisés en provenance du sud de la France.

Outre-mer, la situation est critique en Guadeloupe, entrée mercredi soir dans son troisième confinement, assorti d’un couvre-feu de 20H00 à 05H00. « Le taux d’incidence est alarmant avec 1.108,6 cas pour 100.000 habitants sur sept jours glissants contre 875,6 cas la semaine passée« , et le taux de positivité des tests atteint 24,6%, ont alerté vendredi la préfecture et l’Agence régionale de santé.

C’est « une situation de crise, d’une intensité effroyable, que nous n’avons jamais connue jusqu’alors. On a basculé dans la médecine de catastrophe« , témoigne auprès de l’AFP le docteur Marc Valette, chef du service de réanimation au CHU de Guadeloupe, où de premiers patients ont été évacués vers la métropole pour tenter de désengorger les services. Devant la flambée de l’épidémie, le préfet de région a pris de nouvelles mesures: les restaurants, qui restaient ouverts à midi, seront fermés à partir de lundi 20H00.

« Relâchement »

La Martinique, au taux d’incidence également supérieur à 1.000, est également reconfinée, depuis le 30 juillet, pour au moins trois semaines. « Il y a eu un relâchement partout sur les gestes barrières« , déplorait mardi Hossein Mehdaoui, chef du pôle réanimation-anesthésie-urgences au CHU de Martinique, saturé et qui a reçu le renfort d’une quarantaine de médecins et infirmiers des armées.

L’île est confrontée à un faible taux de vaccination (environ 18%, tandis que sa voisine de la Guadeloupe atteint près de 30%) et à de fortes résistances. Ainsi l’instauration du nouveau couvre-feu a-t-elle été suivie de l’incendie d’un vaccinodrome et d’une pharmacie lors d’affrontements entre manifestants et forces de l’ordre à Fort-de-France. La Réunion est, elle, reconfinée partiellement en journée jusqu’au 16 août et le taux d’incidence reste élevé, à plus de 390 malades pour 100.000 habitants, selon Santé publique France jeudi.

Sur le même sujet
Plus d'actualité