Ce que l’on sait du variant colombien qui a sévi en Belgique

Sept résidents d'une maison de repos de Zaventem sont décédés après avoir été contaminés par un nouveau variant du Covid-19, dit colombien. Tous étaient pourtant entièrement vaccinés.

Dépistage en cours à Jodoigne. - BELGA

La nouvelle a suscité une certaine inquiétude au sein de la population belge. Sept résidents de la maison de repos Ter Burg à Zaventem sont morts en l’espace de deux semaines après avoir été contaminés par un nouveau variant du coronavirus, alors qu’ils étaient tous complètement vaccinés. À noter, sur les sept personnes décédées, certaines avaient des soucis de santé et d’autres se portaient relativement bien.

Au total, 20 personnes – toutes vaccinées – avaient été contaminées dans un service destiné aux patients atteints de démence, qui avait été mis en quarantaine et soumis à toutes les mesures nécessaires. « Nous n’avons aucune idée de comment le virus a pénétré le service », regrette la cheffe des soins et des ressources humaines de l’établissement, Kathleen Boydens. « La première semaine après les tests positifs, les symptômes étaient plutôt modérés chez les personnes contaminées. Mais au bout de quelques jours, certains résidents ont eu des symptômes plus prononcés et ont dû recevoir de l’oxygène. »

Est-il répandu ?

Les recherches menées par une équipe de la KU Leuven ont montré qu’il s’agissait du variant dit « colombien ». À l’origine de ces décès, ce variant B.1.621 est apparu pour la première fois en Colombie en janvier dernier et circule depuis lors dans 28 pays, dont la Belgique. Mais à quel point ? « Nous savons que ce nouveau variant est en Belgique depuis la fin du mois de juin, mais en très faible pourcentage », explique le virologue Marc Van Ranst de l’université louvaniste. « Dans la majorité des cas, c’est le variant Delta qui est décelé en Belgique. Il est responsable de plus de 95% des infections. Quatre autres pourcents des infections proviennent du variant Alfa, et le pourcent restant de contaminations est provoqué par quelques autres variants. »

Vingt foyers de contaminations auraient été observés depuis lors, ce qui reste un chiffre moindre par rapport à ce qui se passe dans des pays comme les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou l’Espagne où le variant colombien est davantage répandu.

Faut-il s’en inquiéter ?

Les experts sanitaires suivent la situation de près, mais pour le moment les informations concernant le variant colombien sont encore parcellaires. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il n’a toujours pas dénomination officielle de l’Organisation mondiale de la santé.

Une étude menée au Royaume Uni assure que cette mutation n’est ni plus dangereuse ni plus contagieuse que celles apparues ces derniers mois, mais leur échantillon n’est pas assez grand pour établir une certitude. D’autres études devront donc être effectuées pour tirer des conclusions définitives. Une seule chose est sûre, selon Marc Van Ranst : ce variant colombien va se propager, mais il est peu probable qu’il supplante le puissant variant Delta, comme ce dernier l’avait fait il y a quelques mois avec le variant Alpha. « Nous devons surveiller la situation », a déclaré le virologue flamand. L’OMS a par ailleurs classé ce nouveau variant dans la catégorie « à suivre ».

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