Le nombre de vaccinés est-il sous-évalué à Bruxelles ?

Une donnée importante n'a pas été prise en compte dans les chiffres officiels de la vaccination à Bruxelles.

Des Bruxellois en attente de se faire vacciner au Heysel. - BELGA

Les chiffres portant sur le nombre de personnes vaccinées dans la capitale sont un peu sous-évalués en raison de la présence d’une population possédant la double nationalité, a indiqué mardi la responsable du service d’inspection de l’hygiène de la Cocom, Inge Neven, lors d’un point hebdomadaire de la situation à Bruxelles. Certains de ces binationaux, qui représentent un tiers des Bruxellois, pourraient avoir profité d’un voyage dans leur pays d’origine pour se faire piquer. Ce qui expliquerait en partie le retard de la région par rapport à ses deux voisines.

À Bruxelles, selon Mme Neven, on a dépassé les 61-62% en première dose. On a atteint les 80% pour les 65+ et on dépasse les 70% pour les 45-64 ans, mais on reste dans le rouge pour les catégories d’âge inférieures. Le défi à relever concerne donc toujours les catégories d’âge les plus jeunes où l’on trouve aussi les plus hauts taux de contamination (470 pour 100.000 habitants chez les 20-29 ans).  

« Nos chiffres de vaccination sont un peu sous-évalués du fait de la présence de 35% de la population qui dispose d’une double nationalité. Beaucoup de ces personnes ont été vaccinées dans d’autres pays et peuvent faire valoir cette vaccination si le produit est reconnu par l’Agence européenne des médicaments (EMA) », a-t-elle ajouté.

Retour à la case départ ?

La responsable du service d’inspection de l’hygiène a toutefois souligné que les binationaux peuvent aussi mentionner leur vaccination avec un autre produit car certains pourraient encore être validés ultérieurement. La Cocom les invite par conséquent à contacter leur médecin traitant pour se faire enregistrer. « On pourrait avoir 4 ou 5% de cette population qui est déjà vaccinée, sans que nous le sachions, mais je ne mettrais pas ma main au feu pour certifier ce chiffre », a-t-elle nuancé, précisant que les informations à ce propos remontent à la CoCom via le call center et les communes.

En effet, une première dose reçue ailleurs en Europe ou au Maghreb peut « être complétée par une seconde dose à Bruxelles ». Mais pour y parvenir, il faut que ces derniers complètent leur bilan de santé dans l’application Vaccinnet. Toutefois, tous les vaccins ne se valent pas. « Pour certains vaccins distribués à l’étranger, on conseille tout de même deux doses ici en Belgique », alerte Inge Neven. Pour celles et ceux qui auraient bénéficié du vaccin russe ou chinois, injecté notamment en Turquie et au Maroc, mais non autorisé dans l’Union européenne, tout serait donc à refaire.

Fermeture de certains centres à partir du 12 août

Par ailleurs, la Cocom poursuit le processus de décentralisation de la vaccination qu’elle a enclenché depuis quelques semaines. Le centre de vaccination du Heysel qui a injecté plus de 250.000 doses sera fermé à partir du 12 août. Ne resteront en activité, début septembre, que les centres Pacheco, de Forest, Molenbeek et Woluwe-Saint-Pierre.

Prennent le relais: cinq vaccibus opérationnels six jours sur sept dans différents quartiers de la ville; des espaces de vaccination ouverts ponctuellement en différents endroits (entreprises, administrations, voire un lieu de culte comme cette église de Molenbeek où il sera possible de se faire vacciner durant le prochain week-end); et des médecins généralistes chez lesquels l’opération lancée en période de vacances n’a jusqu’ici pas encore attiré de nombreux candidats.

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