Pourquoi Pfizer et Moderna vont augmenter le prix de leur vaccin

Alors que l'inquiétude sur la flambée du variant Delta monte, les laboratoires Pfizer et Moderna augmentent le prix de leur vaccin vendu à l'Union européenne.

Un médecin prépare le vaccin Pfizer. - AFP

Pfizer et Moderna vont augmenter le prix de leur vaccin anti-Covid livré à l’UE, a révélé dimanche The Financial Times. Des informations indirectement confirmées lundi par le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes Clément Beaune. La raison de cette augmentation ? Les entreprises pharmaceutiques ont adapté leur précieux sérum aux variants, a-t-il justifié.

« Il faut regarder tout cela de manière rationnelle, ne pas se faire avoir évidemment mais avoir des contrats plus exigeants, avec des produits adaptés aux variants probablement oui, pas seulement pour l’Union européenne, pour tous les acheteurs ce sera un peu plus cher« , a relevé Clément Beaune sur Radio France Internationale (RFI), sans préciser le montant de la hausse. Selon le quotidien britannique qui a consulté le contrat avec l’UE, le vaccin Pfizer devrait passer de 15,5 euros à 19,5 euros et celui de Moderna de 19 euros à 21,5 euros.

« On les adapte, c’est demandé dans les contrats qui sont en cours de négociation, aux variants. On demande aussi que l’essentiel de la production, près de 300 composants des vaccins, soient produits sur le territoire européen« , a ajouté le secrétaire d’Etat français.

Transparence des contrats

Cette hausse intervient alors que l’inquiétude sur la flambée du variant Delta monte et que des études ont prouvé que les vaccins de Moderna et Pfizer/BioNTech devraient rester efficaces face à ce variant.

Clément Beaune a aussi prôné la « transparence sur chacun de ces contrats« , notamment via des évaluations par une « instance indépendante« . « Une fois que le contrat est finalisé, il faut qu’il soit connu de tous, vérifié. Par exemple les parlementaires européens doivent pouvoir vérifier les contrats« , a-t-il déclaré sur la chaîne CNews. « Je pense que tous les contrats, ceux qui ont déjà été conclus et ceux qui arrivent, doivent être évalués par une instance indépendante » et leurs « évaluations débattues par les Parlements« , a-t-il ajouté.

Le secrétaire d’Etat français a jugé par ailleurs « non choquant » que des laboratoires fassent des bénéfices sur les vaccins contre le nouveau coronavirus. « Qu’on rémunère l’innovation, cela ne me choque pas. Après il y a le bon niveau d’imposition« , a-t-il pointé sur CNews.

Le programme d’achat commun de vaccins de l’UE a fourni 330 millions de doses du vaccin BioNTech/Pfizer, 100 millions de l’AstraZeneca, 50 millions du Moderna et 20 millions du Johnson & Johnson. Fin juillet, le laboratoire Pfizer prévoyait d’écouler cette année pour 33,5 milliards de dollars (28,23 milliards d’euros) de vaccins contre le Covid-19, soit bien plus que les 26 milliards de dollars (21,91 milliards d’euros) sur lesquels le groupe tablait deux mois plus tôt. Moderna, tablait, en mai, sur des ventes annuelles de 19,5 milliards de dollars (16,43 milliards d’euros).

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