Vaccin: bientôt une pilule contre le Covid-19 ?

La course au vaccin contre le Covid-19 n'est pas terminée, avec des recherches aux quatre coins du monde pour trouver une alternative aux aiguilles.

Un vaccin d'un nouveau genre. - Reuters

Après les piqûres, les comprimés ? La société pharmaceutique israélienne Oramed va tester un vaccin contre le coronavirus administré par voie orale. Le premier essai clinique devrait être lancé « début août » via sa filiale Oravax, a précisé à l’AFP son patron Nadav Kidron.

Cela fait maintenant plusieurs mois que la vaccination est lancée dans le monde, mais elle ne porte pas encore ses fruits dans tous les pays. Seuls 14,6% de la population mondiale est à l’heure actuelle entièrement vaccinée… contre 57% en Belgique. De fortes disparités existent entre pays riches et pays pauvres, en raison de l’accès inégal au précieux sérum. C’est pourquoi il est indispensable de poursuivre les recherches pour lutter contre la pandémie.

Pratique

Les vaccins par voie orale présentent plusieurs avantages. Plus pratique du point de vue du transport et du stockage, cette méthode serait particulièrement intéressante pour les pays en développement. Pas besoin ici de personnel médical. « Ce vaccin par voie orale pourrait nous permettre de vacciner beaucoup plus rapidement et beaucoup plus facilement. Imaginez simplement que vous n’ayez pas besoin d’aller dans une clinique. La pilule pourrait même arriver dans votre boîte aux lettres et vous pourriez la prendre chez vous », déclarait en mars dernier la directrice scientifique de la société Oravax Medical, le Dr Miriam Kidron, au Times of Israel.  

Autres avantages: moins de déchets plastiques et potentiellement moins d’effets secondaires. Ce qui pourrait également donner une impulsion à l’immunisation dans les pays riches, où la crainte des piqûres est un facteur, passant souvent inaperçu, de l’hésitation à se faire vacciner.

Défi de taille

Pour provoquer une réponse immunitaire, la société israélienne se base sur trois protéines structurelles du SARS-CoV-2, contrairement à tous les vaccins actuels qui ciblent uniquement la protéine de pointe « Spike ». En visant plusieurs parties du virus, le vaccin d’Oravax pourrait être résistant aux futurs variants, avance Nadav Kidron. « Si un variant arrive à contourner la première ligne de défense, il y en aura une deuxième puis une troisième. »

Le défi est de taille. Malgré les points positifs théoriques, peu de vaccins oraux ont connu le succès car les ingrédients actifs ont tendance à ne pas survivre à leur passage dans le tube digestif. Sur le marché, on connaît les vaccins contre le choléra, la grippe ou la polio, mais il n’est pas certain que celui contre le Covid-19 soit aussi efficace.

Plutôt pilule, bandelette ou spray nasal ?

D’autres alternatives à la seringue sont à l’étude. La start-up Rapid Dose Therapeutics et une équipe de l’Université McMaster (Canada) travaillent, elles, sur un vaccin sous forme de bandelette qui se dissout dans la bouche. Infusées avec des protéines de pointe du virus, ces petites bandes se conservent pendant plusieurs mois jusqu’à 40 degrés. Bien que le produit soit encore aux premiers stades de son développement, les premiers résultats d’une étude préclinique sur des animaux sont encourageants.

D’autres se penchent sur un vaccin sous forme de spray nasal. Après tout, les voies respiratoires supérieures sont un site initial d’infection par le SARS-CoV-2 et, pour de nombreuses personnes, restent le site principal de réplication du virus. Plusieurs projets sont en cours dans le monde, notamment en France. Ce mode d’administration est encore rare pour un vaccin, même s’il est utilisé aux États-Unis contre la grippe.

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