Une troisième dose de vaccin, cela a-t-il du sens ?

Israël a lancé une nouvelle campagne de vaccination pour les plus de 60 ans, la France et la Grande-Bretagne pourraient suivre. Mais une troisième dose est-elle vraiment efficace pour contrer la pandémie ? Le doute est permis.

Belga

Israël fait face à une recrudescence du virus. 2140 cas en 24 heures, un record depuis mars. Certaines personnes vaccinées il y a six mois retombent malades. Le nouveau gouvernement israélien n’a pas hésité longtemps. Après avoir été les cobayes pour la première campagne de vaccination, voilà l’Etat hébreux de nouveau « pionnier en allant de l’avant avec une 3e dose de vaccin pour les personnes âgées de 60 ans et plus, selon le Premier ministre Naftali Bennett. Nous sommes ouverts à partager toutes les informations que nous obtiendrons par cette mesure audacieuse ».

 

La France pourrait prendre le pas en proposant un rappel aux personnes vulnérables vaccinées en début de l’année afin de « réaugmenter le taux d’anticorps dans l’organisme » et la Grande-Bretagne pourrait faire de même avec les plus de 70 ans sous prétexte que l’efficacité du vaccin diminuerait avec le temps.

 

Immunité durable avec deux doses

 

Pour Pfizer, on s’en doute, c’est une très bonne décision. Selon le laboratoire pharmaceutique, « de nouvelles études montrent qu’une troisième dose a des effets neutralisants contre le variant delta (qui sont) plus de cinq fois plus élevés chez les jeunes et plus de onze fois chez les personnes plus âgées ».

 

Certes, mais tout cela fait-il vraiment sens ? Certains en doute. L’agence des médicaments américaine (FDA) n’a pas donné son feu vert à une troisième dose, tout simplement parce qu’il n’y a aucune preuve de l’efficacité d’injecter une troisième dose de vaccin pour les plus de 50 ans. A l’heure actuelle, du côté du monde médical, on est plutôt de plus en plus confiant sur le fait que deux doses de vaccin offrent une immunité durable. Et si celle-ci diminue forcément avec l’âge, elle suffit pour éviter les formes graves de Covid et donc, de la nécessité d’hospitaliser.

 

Plus utile de vacciner les populations du sud

 

De plus, la quatrième vague qui a cours en Israël, en France et en Grande-Bretagne, n’est pas le fait de personnes déjà vaccinées, mais plutôt des non-vaccinées. Les personnes déjà re-contaminées malgré avoir été vaccinées sont très minoritaires dans les hôpitaux israéliens. Ils sont l’exception. Pour les experts, l’urgence est plutôt de vacciner les populations des pays les plus pauvres dont la plupart n’ont toujours pas reçu de première dose. C’est bien cela qui a permis le variant Delta de se développer.

 

Bref, pour l’épidémiologiste Antoine Flahault, interrogé par Le Soir : « Je ne suis pas sûr que c’est en recommandant de vacciner par une troisième dose les personnes de plus de 60 ans des pays riches que nous arriverons à acheminer davantage de doses pour primo-vacciner les personnels de santé et les personnes âgées et vulnérables des pays les plus pauvres ».

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